jeudi 16 mai 2019

Iris des marais, poil au nez !

L'iris des marais, c'est joli et ça égaie bien un poubellarium.
Ses racines plongent dans l'eau et ses feuilles forment une belle silhouette verticale au-dessus de la surface.
Et, en plus, ça fleurit tout jaune...



Pour moi, c'est la star des bassins et des poubellariums.
En bassin, on peut le mettre dans des pots immergés à faible profondeur ou en bordure, car cet iris pousse aussi en pleine terre si elle reste humide.
En poubellarium, je le laisse simplement flotter et se débrouiller. Ainsi, ses racines plongent dans l'eau et forment une mini-jungle pour poissons !
C'est une plante sauvage, qui existe en jaune ou en jaune. Sinon, y'a jaune.




Comme c'est un peu encombrant dans un poubellarium quand c'est adulte, je le fais germer à partir de graines.
Car les poissons et toutes les bestioles aquatiques aiment se promener au milieu de ses racines, mais à condition que la plante n'occupe pas tout l'espace. Un iris adulte, c'est une plante de taille respectable, qui peut remplir en quelques années très facilement un poubellarium !

D'où l'intérêt de démarrer avec des plantules issues de graines, qu'on a le temps de voir grandir, jusqu'à atteindre un jour un bon mètre de haut avec de superbes fleurs.
Car les jeunes iris des marais, avant de devenir grands hors de l'eau, commencent par avoir de longues racines pour aller chercher le fond. Et c'est cela qui est intéressant pour nos poissons et alevins.



Problème : les graines de cette espèce sont faites pour voyager. L'iris balance ses graines dans l'eau et les confie au courant ou au vent qui ride la surface. Le but est qu'elles germent le plus loin possible, et étendent ainsi le territoire de l'espèce. Il le fait pas méchamment, l'iris... mais il veut dominer le monde ! Comme Google, mais en plante.

Sa stratégie pour éviter que les rejetons restent au pied de Maman, c'est d'utiliser l'eau et... le temps. Les graines sont donc programmées pour germer très difficilement. Il faut les soumettre à des conditions très dures pour qu'elles acceptent de pousser enfin.

J'ai alors mis au point ce qu'on appelle un programme de "vernalisation". C'est un stage intensif pour graines énervantes, dans lequel on simule des hivers successifs en plaçant les graines au congélateur un certain temps, pour les ressortir, puis les remettre, etc. Avec la petite particularité, en ce qui concerne l'iris des marais, qu'il s'agit d'une plante aquatique.
On fait donc des glaçons à l'iris, puis un dégel en pleine eau, puis re-glaçon ! Faut juste être un minimum organisé...

Et on obtient : tadaaaa !



Les plantules d'iris de cette année sont donc prêtes pour la mise en vente sur Aquazolla.
Pour fêter ça, on fait péter la promo : 4 plantules pour le prix de 2 ! Jusqu'à épuisement du stock de cette saison.
De quoi étoffer un peu les poubellariums et bordures de bassin en attendant que les plantes soient adultes... Là, vous pourrez les bouturer à l'infini, mais elles seront plus grandes, forcément.

Et si vous êtes pas contents, z'avez qu'à vous taper les glaçons à l'iris vous mêmes, bande d'ingrats !
Ça donne un goût au pastis.



dimanche 12 mai 2019

Nourrir mes alevins de guppies sans artémias (suite)

Pour illustrer un peu mieux ce qu'on disait récemment dans l'article sur la nourriture vivante pour alevins, j'ai pris des photos un peu plus parlantes.

J'ai ramassé au jardin des barquettes d’œufs de moustique et je les ai mises en attente pour observer l'éclosion des bestioles !

Il suffit de 24h00 à 48h00 environ pour que les œufs éclosent aux températures actuelles.

Voici donc ce qu'on obtient au bout de 24h00 lorsque les premières larves apparaissent.



J'ai pu mesurer l'échelle de façon assez précise. Chaque petite larve que l'on voit ici mesure entre 0,7 et 0,9 mm de long. C'est donc à peine plus long qu'une nauplie d'artémia moyenne, mais surtout, c'est plus fin et donc très facile à avaler avec une petite bouche ! C'est une nourriture vivante idéale et même meilleure que les artémias pour vos alevins.

Pourquoi utilise-t-on les artémias, alors ?

En réalité, les artémias sont utilisés par l'élevage piscicole depuis très longtemps. C'est la seule nourriture vivante possible à des échelles industrielles : conservation facile, processus d'éclosion standardisé, coût faible et gros volumes disponibles.
Lorsque les aquariophiles ont eu besoin de nourrir leurs alevins, ils ont donc tout simplement reproduit en miniature le process de l'industrie sans trop se poser de questions.

Depuis, c'est devenu un réflexe et personne ne se pose davantage de questions.
Cela arrange d'ailleurs le commerce aquariophile, qui peut aisément conditionner et commercialiser ce produit, et vendre tout l'attirail nécessaire pour l'éclosion !

Les larves de moustiques nouvelles-nées et les daphnies juste écloses sont tout aussi nourrissantes que les nauplies d'artémias pour nos alevins, et ont même l'avantage de ne pas être salées.
C'est elles que mangent d'ailleurs nos alevins dans la nature. Tout simplement !
Elles survivent dans l'eau douce aussi longtemps que les alevins ne les mangent pas et peuvent donc être distribuées sans limite de quantité.

Leur seul inconvénient, surtout pour les larves de moustique, c'est qu'on a du mal à en trouver en hiver. Mais, de mars à octobre, il y en a partout, et c'est gratuit.
Même pas besoin de dépenser vos sous chez Aquazolla.com pour payer des vacances à Miami à Mattier et Mauricette !

Pour les daphnies, c'est encore plus simple puisqu'on peut les élever toute l'année en intérieur.

Au bout de 72h00, toutes les larves sont sorties, et on peut voir qu'il y a du monde !


La récolte d'une seule matinée, soit quelques dizaines de barquettes d’œufs, est énorme !
Si on compte 400 larves environ par barquette, il suffit d'une dizaine de barquettes d’œufs pour obtenir... 4000 larves !

Pour les daphnies, je ne compte pas le nombre, puisque mes alevins évoluent au milieu des daphnies adultes trop grosses pour eux, qui pondent en permanence leurs bébés. La nourriture est donc disponible en continu, et non divisée en un nombre forcément limité de "repas".

Gratos, meilleur, simple et naturel...




mercredi 8 mai 2019

Nourrir mes alevins de guppies sans artémias

Mes guppies adultes ne mangent pas leurs alevins.
Ils sont gavés de nourriture vivante toute l'année, et ils savent qu'une daphnie est beaucoup plus facile à attraper qu'un petit poisson. Ils ont donc laissé tomber depuis longtemps et leurs alevins passent leurs journées à faire les cons dans les racines de Pistias.

D'ailleurs, pour ceux que cela intéresse, j'ai remarqué une chose.
Il arrive que les lentilles trilobées s'installent difficilement en aquarium.
C'est très dommage, car elles sont vraiment le refuge nourricier idéal pour les alevins, formant un épais coussin protecteur dans lequel ils trouvent refuge et nourriture sous la forme d'infusoires.
Eh bien, j'ai remarqué que lorsqu'on les associe aux Pistias, ces lentilles se mélangent aux longues racines déployées où elles semblent beaucoup se plaire, et les deux plantes forment ainsi une sorte d'association parfaite.

Donc, mes alevins sont nombreux et à l'aise en surface. Car c'est toujours en surface qu'ils doivent pouvoir se cacher, pas en pleine eau.
Comme dans la nature.

Il y a aussi bien longtemps que j'ai arrêté de m'embêter avec les nauplies d'artémias.
Les artémias, c'est toute une installation, de l'eau salée et tout et tout.
Comme disait Mauricette à propos de ma circoncision : "C'est quand même beaucoup de complications pour un truc aussi petit !"
Ce qui n'est pas faux.

Mes alevins se nourrissent de vraies proies d'eau douce : infusoires fournis par les lentilles trilobées ou les lentilles d'eau, minuscules bébés daphnies pondues directement dans l'aquarium par les mamans daphnies et larves de moustique nouvelles-nées.
Et tout cela est largement aussi petit que les nauplies d'artémias, mais avec le gros avantage de vivre en eau douce en attendant d'être mangé ! Et surtout une qualité nutritive au moins équivalente !
J'ajoute que les artémias ont la fâcheuse tendance à ne pas rester en surface, alors que c'est normalement là que les alevins recherchent leur nourriture.

Exemple avec des daphnies d'Aquazolla au milieu de leur progéniture. Pour donner l'échelle, les plus grosses daphnies de la photo dépassent à peine le millimètre de long. Et les petits points, c'est les bébés !



Nous avions vu il y a quelques semaines comment récolter les œufs de moustiques...

Sur la photo, on voit des larves de moustiques (ceux qui piquent, les méchants !) qui ont déjà 3 jours.
À l'éclosion, c'est même encore bien plus petit !
Pour servir d'échelle, la barquette d’œufs toute noire en bas à gauche mesure très exactement 7 mm de longueur.
Donc, à l'éclosion, un Mattier standard n'arrive même pas à les voir sans ses grosses lunettes.



Si on a la chance que la femelle moustique ait piqué une épouse velue ou un voisin énervant, une barquette compte environ 400 œufs. Un tout petit tour au jardin le matin permet donc de revenir avec plusieurs milliers de larves de moustique potentielles, ce qui suffit pour nourrir pas mal de monde en nourriture vivante et de qualité. Gratos, sans eau de mer, sans sel et sans installation digne du Cartel de Medellin... Et avec des proies qui vivent en surface, pile comme les alevins !

Aucun risque de piqûre : même si quelques larves échappaient aux alevins et se mettaient en tête l'idée saugrenue de grandir, elles seraient vite repérées par les adultes.
Ces prélèvements matinaux et jardinistiques (voire balconesques) vous permettent ainsi de lutter avec efficacité contre l'invasion du moustique tigre en France ! C'est tout bénef...

Avec cette alimentation naturelle, les alevins chassent et mangent toute la journée, et pas deux ou trois fois comme avec la nourriture industrielle.
Et en plus, ils peuvent choisir, pour varier, entre une petite micro-daphnie ou une larve de moustique à chaque repas !
Ils grossissent très vite, pétant de santé, pressés de sortir en poubellarium comme des grands.

Mais chuuut ! Ça, c'est la prochaine étape !