dimanche 6 décembre 2020

L'eau verte, enfin vaincue par SuperMattier !


Ça fait deux ans que je suis dessus !

DEUX ANS !!!


J’explique...


En aquarium comme en bassin, nous avons tous un jour pesté contre une invasion d’eau « verte ».



L’eau verte n’est pas un problème en soi. Ce développement massif d’algues microscopiques qui constituent le phytoplancton est une phase normale et naturelle dans la vie d’un point d’eau sauvage.

Lorsque les végétaux supérieurs, les plantes, ne sont pas en mesure de consommer toutes les ressources disponibles, alors ce sont ces micro-algues qui en profitent, la nature ayant horreur du vide. Il n’y a qu’en hiver que l’eau, même très polluée, reste assez limpide, car la lumière et la température sont insuffisantes pour les algues, comme pour les plantes d’ailleurs.


Mais au printemps, par exemple, dès que la lumière devient plus généreuse et que les températures remontent, vos plantes ont bien du mal à croître assez vite pour consommer tous les éléments minéraux, présents en masse. En effet, beaucoup d’animaux et de végétaux sont morts et se sont décomposés, des feuilles mortes sont tombées, et tout cela a produit des minéraux disponibles en quantité.

Mais les plantes sortent d’un long sommeil, elles ont beaucoup régressé, et elles ne peuvent pas consommer autant de minéraux !

Ce sont donc les algues qui s’y collent, et l’eau devient plus ou moins verte, voire carrément opaque. Puis, lorsque les plantes parviennent à démarrer correctement, elles concurrencent enfin les algues et l’eau s’éclaircit.

Ce phénomène peut en réalité se produire à chaque fois qu’une ressource est en excès pour les plantes présentes, comme la lumière en plein été par exemple…


En bassin, l’eau verte est juste désagréable parce qu’elle prive de la vue des poissons et il est vrai qu’une eau cristalline est plus agréable à regarder, puisqu’elle laisse apercevoir la vie aquatique.



Mais en aquarium, le problème peut devenir plus grave.

En effet, si les algues produisent de l’oxygène en présence de lumière, ce n’est pas le cas la nuit. Pire : elles respirent et consomment alors de l’oxygène.

Si ces algues viennent à manquer de quelque chose, cela peut carrément devenir très grave. Car si elles meurent en masse, alors elles se décomposent, l’eau devient brunâtre et sent mauvais. Les algues mortes sont consommées par des bactéries qui utilisent BEAUCOUP d’oxygène. D’où la mauvaise odeur, signe d’un milieu « réduit », manquant d’oxygène (on dit « hypoxique », voire « anoxique »).

Bref, ça pue sa race, les poissons étouffent et disparaissent à leur tour, et l’écosystème entier meurt.

Ne parlons pas des solutions chimiques que l’animalerie vous vendra : tuer massivement les algues est une idée géniale qui vous amènera à l’apocalypse ci-dessus !


En aquarium, l’eau verte, si elle s’installe, est donc davantage qu’un simple désagrément esthétique. Les plantes, si elles n’ont pas réussi à empêcher le phénomène, seront elles-mêmes privées de lumière et la concurrence les fera bien souvent disparaître elles aussi.


Dans la nature, la solution existe. L’eau verte, constituée de micro-algues, est une ressource pour d’autres acteurs qui s’en nourrissent. C’est le cas de centaines d’invertébrés : cyclops, gammares, larves diverses, ostracodes… et surtout daphnies ! Ces petits animaux constituent le zooplancton, que Mini-Mattier appelle le « zozo-plancton » (c’est pas un génie), et rendent à l’eau sa transparence.

Il suffit de 20 daphnies pour filtrer totalement 1 litre d’eau en 24h00 ! Quand on voit la taille de la bestiole, on est admiratif… Et plus elle mange, plus elle se reproduit ! Ce qui fait que l’eau verte ne résiste pas longtemps.



Mais, en aquarium il y a un problème de taille : les poissons.

Même s’ils sont présents en bassin également, la densité en aquarium est telle qu’ils mangent tout ce qui bouge !

Vos daphnies ne resteront donc pas longtemps en vie et votre usine à eau claire risque de tourner court en quelques minutes !

Et si ce ne sont pas les poissons, c'est votre satané filtre qui gobera les pauvres malheureuses...


J’avais depuis plusieurs années l’idée de créer un kit pour résoudre cela et permettre à une colonie de daphnies de travailler à l’abri des poissons. Il fallait que les algues puissent aller aux daphnies mais que les daphnies, même nouvelles-nées, ne puissent pas aller aux poissons :


J’ai construit les premiers prototypes début 2020, en plein confinement, ce qui me permettait de ne pas passer trop de temps avec ma délicieuse, gracieuse, mais néanmoins poilue épouse.

Mini-Mattier, en me voyant faire flotter mes protos, était convaincu que son Papy jouait aux petits bateaux dans les bassins.


Comme j’ai un horoscope un peu pourri depuis un an, chaque prototype était un échec et il m’a fallu en tester deux bonnes dizaines pendant l’été pour mettre enfin au point la Zolla’Clear.

Le nom est tout pourri, mais il est de Mini-Mattier et j’ai donc pas pu refuser. Il raconte partout qu’il a un « Papy inventeur ». C’est la première fois de ma vie que quelqu’un est fier de moi, chuis pas habitué...


Pour le dernier test, j’ai utilisé mon double agglotarium. Les deux côtés sont contigus, l’eau est la même et elle était très verte cet été.

Le résultat a été assez impressionnant, même s’il a fallu, vu le volume, deux bonnes semaines. Le côté avec Zolla’Clear (à droite sur la photo) n’était plus vert du tout ! Ça a beau être logique, c’est pas pareil de le voir se faire en vrai, jour après jour...


Donc, après les tests, la fabrication, et enfin le lancement.




Le « Kit eau claire » est disponible sur le site d’Aquazolla.

Il contient :

- la Zolla’Clear à installer dans l’aquarium ou le bassin

- 3 doses de daphnies pour le garnir assez densément pour une attaque rapide du plancton

- une épuisette à plancton pour, de temps en temps, donner des daphnies à vos poissons !

Parce que les daphnies se multiplient et que les poissons, les regardant toute la journée avec envie, on bien le droit de manger du naturel de temps en temps.


Finalement, cela revient à avoir un petit élevage permanent de daphnies dans l’aquarium ou le bassin, aussi bien en préventif (pour empêcher l’eau verte d’apparaître) qu’en curatif (si elle est déjà là).


En aquarium naturel, la Zolla’Clear flottera tranquillement. Elle est entièrement vert clair pour se fondre dans le décor. La paroi est très fine (maille de taille planctonique) pour laisser passer les micro-algues mais pas les daphnies, même très petites. Si des bulles s’y accumulent, elles peuvent alors la faire flotter sur le flanc en la couchant. Il suffit dans ce cas de lester l’intérieur avec une pincée de grains de sable du fond ! C’est simple.

Si vous avez un filtre pour des raisons religieuses ou pour embêter Mattier, vous pouvez alors fixer la Zolla'Clear à une paroi de l’aquarium avec une simple pince à linge ou un petit crochet, selon le niveau d’eau. Elle ne bougera plus et les daphnies, qui n’aiment pas le courant, en seront protégées !


Les daphnies, une fois introduites dans la Zolla’Clear, se mettent à manger. Les mues et les daphnies mortes s’accumulent au fond et les nouvelles générations nagent. Rien ne vous empêche d’enlever ce dépôt de temps en temps s’il devient important. La population de daphnies peut devenir importante mais, même serrées, elles profitent du volume complet de l’aquarium puisque l’eau circule à travers les parois.

Quand elles deviennent assez nombreuses, à l’aide de l’épuisette fine, vous pouvez facilement récolter une partie des daphnies pour les distribuer à vos poissons, comme dans la nature.


Pour résumer, on apporte ainsi à un aquarium le chaînon manquant de son écosystème : j’ai nommé la bestiole ! C’est elle qui fait le lien entre le poissons et la plante, en transformant les déchets organiques en minéraux assimilables par les plantes.

Chaînon qu’on aurait facilement dans nos aquariums s’il n’y avait pas ces saletés de poissons !



Merci à tous de m’aider à partager cet article pour faire connaître la Zolla’Clear.

On peut pas exclure un prix au concours Lépine, voire le prix Nobel de Mattiérologie. Je suis un des meilleurs du monde en Mattiérologie.

Va savoir…


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lundi 30 novembre 2020

Le mystère de l'Azolla disparue...

Vous le savez, ma plante aquatique fétiche, c’est l’Azolla filliculoides.

C’est cette petite plante flottante, qui ressemble à une micro-fougère faite de toutes petites écailles.

C’est d’ailleurs elle qui m’avait inspiré le nom de la boutique Aquazolla il y a trois ans, quand j’étais encore jeune et beau et que mon dentier était presque neuf.


Eh bien vous avez probablement remarqué qu’il n’y en avait plus depuis 6 mois dans la boutique…

Et j’en dois toujours à certains d’entre vous dont j’ai soigneusement noté les noms et adresses. Pour la peine et pour les remercier de leur patience, je vais leur en envoyer deux sachets au lieu d’un dès la semaine prochaine. C'est la moindre des choses...


Car, et c’est la bonne nouvelle, l’Azolla est à nouveau dispo sur la boutique !

Mais ce fut une aventure assez étonnante et je dois vous expliquer ça.


Je n’ai jamais manqué d’Azolla. Je la cultive depuis des années avec succès et ma souche me donnait entière satisfaction. C’était mon ami du Jardin des Plantes de Paris qui me l’avait donnée au départ, voilà quelques (nombreuses) années, à partie de la sienne, qui envahissait un de ses bassins à certaines époques.

Mais au printemps dernier, alors que je cherchais à lui faire profiter du soleil printanier, je me suis rendu compte qu’elle ne reprenait pas, mais alors pas du tout. Il est courant que l’Azolla disparaisse au plus fort de l’hiver (mais pas forcément), quand elle a gelé trop fort.

Ses frondes flottantes deviennent alors filiformes et le fond de l'eau est bourré de spores et de formes dormantes.

Sur la photo suivante, la couleur rouge est normale, mais pas la forme. C'est la forme qu'elle a en fin d'hiver avant de repartir au printemps.


C’est donc ainsi que je l’ai retrouvée. Mais, pour la première fois, impossible de la ranimer. L’été arrivant et ne voyant toujours aucune trace d’Azolla, je contacte mon éminent pote du Jardin des Plantes, mon rat de laboratoire préféré. Et là, qu’est ce que c’est-il pas qu’on s’aperçoit ???

Son Azolla avait également entièrement disparu, et ceci de tous les bassins où la moindre plantule se trouvait à l'automne.

Le phénomène devenait donc encore plus étrange : non seulement cette Azolla ne repart pas, disparaît malgré la belle saison, mais tous les exemplaires provenant de la même souche vivent la même chose au même moment…


Mon copain m’explique qu’un phénomène semblable est connu chez les bambous. Tous les individus d’une même espèce, où qu’ils se trouvent dans le monde, fleurissent la même année, puis meurent tous en même temps ! Il ne reste que leurs graines.

C’est presque un moyen de vérifier que deux pieds sont de la même espèce… Mais il semble qu’on ne connaisse cela que chez les bambous, et la science ne comprend même pas encore trop ce phénomène.

Il me dit donc, tout excité, qu’on pourrait avoir quelque chose de proche, mais d’inconnu, devant nous, avec cette Azolla. Mais qui là, ne concernerait pas toute l’espèce, mais une souche particulière, avec un génome proche (les plantes mutent toujours un peu en se divisant)…

Bon, après, le gars, c’est un scientifique, hein, il voit des énigmes scientifiques partout parce que son rêve c’est le Prix Nobel. C’est des gens pas comme nous…


On peut aussi imaginer qu’il y a eu cette année ou cet hiver un phénomène météo ou environnemental non identifié auquel cette souche-là était génétiquement sensible.

Comment savoir ? Mon rêve serait d’avoir un labo pour étudier tout ça, mais j’en ai pas. J’ai juste une salle de bain avec une douche pleine de poils de Mauricette, alors bon. C'est moins bien...


Mon copain s’est donc procuré une nouvelle souche adaptée en Europe, mais différente. Pendant qu’il regardait pas, je lui en ai carotté une poignée, et je l’ai mise en culture.

Eh ben, croyez-moi ou croyez-moi pô, c’est seulement maintenant qu’elle donne tout son potentiel.

Et elle est devenue… magnifique.


Dans le même bac, ou dans deux bacs côte-à-côte, elle devient verte ou profondément rouge. Chaque fronde donne une progéniture qui exploite différemment la lumière et ça donne des panachures absolument superbes.



Cette petite plante dont les racines abritent toute une faune minuscule qui nourrit nos alevins est en réalité une symbiose. Comme les lichens qui associent une algue et un champignon, l’Azolla est une association entre une plante et une algue (une cyanobactérie).


En Asie, elle est utilisée pour transformer les déjections animales en fourrage pour le bétail. Je pourrais essayer avec ma femme, mais les volumes à traiter sont particulièrement conséquents…


J’en mets dans tous mes bassins (sauf cette année), et toujours quelques fragments dans mes aquariums. Elle est envahissante en bassin (mais facile à ramasser) et plus lente en aquarium.

Elle ne fait pas de graines (c’est une fougère !), mais des spores qui résistent au froid, même fort.

Elle se reproduit sinon surtout par division, dès que l’eau bouge un peu, qu’un oiseau vient boire ou qu’une carpe donne un coup de nageoire !


Contrairement à ce que vous pensez parfois en la recevant chez vous, elle est souvent rouge (et pas « marron » !), ce qui n’est pas inquiétant, au contraire. Sa couleur varie, selon ses caprices, du vert clair au rouge profond. Et ce n’est pas vous qui choisissez, c’est elle !

Elle perd généralement ses racines dès qu'on la touche, pendant le transport, ou quand vous l'installez dans votre aquarium. Puis elle en refait de nouvelles, sans doute plus adaptées au nouveau milieu.



Moi qui passe des heures en méditation devant mes petits aquariums (qui sont faits pour ça), l’Azolla me fait toujours réfléchir : une algue et une plante qui vivent en symbiose se perçoivent-elles comme une ou comme deux ? Nous-mêmes sommes un mélange indissociable de nous-mêmes et de notre microbiote, y pensons-nous parfois ? Est-ce la plante qui est l’Azolla, est-ce l’algue, ou est-ce l’ensemble ?

Et une Azolla, est-ce que ça pense ?


samedi 31 octobre 2020

Ce soir c'est fini

Petit message pour les retardataires. Dernière chance !

C'est ce soir que se termine l'opération aselles sur le site Aquazolla.

Je ne peux pas la prolonger pour préserver mes stocks. Mais, comme promis, je double encore la quantité d'aselles dans vos commandes passées avant minuit.


Pas besoin de code, c'est automatique !

Au lieu de 10 aselles par sachet, j'en mets 20 pour le même prix.

C'est l'occasion de les installer chez vous, y compris en extérieur puisque c'est après avoir passé l'hiver à manger les végétaux morts qu'elles se reproduisent le mieux, dès les premiers jours du printemps.

C'est donc le moment idéal, par exemple, pour les introduire dans un bassin ou un filtre de bassin, afin qu'elles soient parfaitement en place avant le printemps où elles se multiplieront.

Vous avez été nombreux à en profiter tout le long du mois d'octobre et, si je veux préserver ma souche, je ne pourrai pas prolonger au-delà de la limite prévue de ce soir (j'avoue que j'avais un peu espéré pouvoir le faire).

J'essaierai, si mes stocks le permettent, de renouveler cette promo l'an prochain à la même époque.

Ce sont des bestioles vraiment magiques, discrètes et qui occupent une place absolument centrale dans vos petits écosystèmes aquatiques, bassins comme aquariums naturels.


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