jeudi 21 décembre 2017

Aquarium naturel mode Mattier

C'est aujourd'hui son anniversaire !
Ça fait pile un an qu'il est en eau. Un beau bébé de 120 litres, tout naturel !

Pour le salon, forcément, il fallait un truc présentable. Hors de question que je ramène mes bacs en plastique avec des machins qui flottent, je me serais fait tuer. Le labo à Mattier, c'est pas vraiment l'idée que tout un chacun se fait d'un aquarium, faut reconnaître...

J'ai donc acheté un vrai aquarium en décembre 2016, modèle standard de 120 litres, avec tout de même l'idée d'y appliquer les principes de l'aquariophilie naturelle telle que je la conçois et pas telle que je la vois ailleurs (pas toujours si naturelle que ça!).
Ce que j'entends par aquariophilie naturelle, c'est non seulement du low-tech (puisque le mot est à la mode), mais surtout l'acharnement à laisser la main à la nature et à sa complexité pour établir un équilibre stable et donc un petit écosystème résilient. Pas un bac qui n'aurait de naturel que le nom, entièrement dédié à une esthétique artificielle, avec un humain qui s'efforce de tout maîtriser avec juste comme contrainte d'éviter la technologie.
La vraie aquariophilie naturelle selon moi, c'est de laisser le plus possible la nature guider l'ensemble, réellement.
Bon, en vrai, c'est surtout un truc de fainéant, puisqu'on passe ainsi plus de temps à contempler, observer, réfléchir, apprendre, qu'à agir. Ce qui convient très bien à mon tempérament ultra-sportif !

En même temps, c'était pour moi un projet clandestin : en faisant semblant de décorer mon salon, je faisais mes petites expériences, je notais mes observations, mais tout ça en secret, hein...

Donc, décembre 2016, installation du bac :
  • sable de chantier à 2 euros le sac de 40 kilos (lourd... mais pas cher). Rapidement rincé en seau pour éliminer les particules les plus fines, argile, etc.
  • installation d'une rampe avec tube néon 1er prix à 6,95 euros (tube compris). Le truc de base de 1,20 mètres, 36W. Juste les précautions élémentaires pour éviter tout contact entre eau et électricité, le couvercle un peu rabattu dessus et on voit rien ! La rampe dépasse de l'aquarium de 20-25 cm, et éclaire donc pour le même prix le coin du canapé où je m'installe courageusement (avec mon café) pour effectuer mes observations scientifiques au nom de la science, de l'humanité et pour la France.
  • remplissisation de la bête avec l'eau du robinet (très dure chez moi) sans autre forme de procès. Ma seule précaution sera ensuite de compenser l'évaporation avec de l'eau de pluie. Aucun changement d'eau depuis un an.
  • largage immédiat d'aselles, d'ostracodes, de quelques Blackworms et de mélanoïdes qui apportent gratuitement tout leur microbiote (des millions d'espèces de bactéries, virus, champignons et levures) et lancent ainsi tous les cycles biologiques (et pas que l'azote !). Jetage simultané de quelques dizaines de grains de riz paddy pour bourrer encore plus le milieu de bactéries et infusoires divers. Un seul but, une seule obsession, un seul principe : une biodiversité maximale tout de suite.
  • aucun filtre, aucun bulleur, aucune pompe, juste un petit chauffage réglé sur 20°C pasque il caille chez moi rapport que j'ai pas de sous en ce moment.
  • mépris absolu de toute notion de cyclage, autant pour énerver les grands experts que parce que la notion de cycle de l'azote relève de la superstition dans un aquarium aussi riche en biodiversité dès le départ.
  • commandage immédiat des futurs habitants, qui seront des crevettes Neocaridina davidii « Black roses », belles et pas chiantes (Mauricette ! Pose immédiatement ce rouleau à pâtisserie !). Reçues et introduites la semaine suivante, parce que NTM le cycle de l'azote.

Côté plantes, j'ai jeté en vrac des brins de mousse de Java, de la Najas, des micro-boutures de myriophylles et de ceratophylles, et en surface, seulement des Pistias pour ne pas entraver la lumière au début. Ces plantes sont là dès le début parce que la concurrence avec les algues pendant les premiers mois étant rude, autant qu'elles aient un peu d'avance !

Tout ce qui apparaîtra d'autre par la suite n'aura été introduit que très involontairement et clandestinement, avec l'eau de pluie, sur une épuisette ou la peau d'une main mal rincée. Il s'agira notamment de planaires, de deux autres espèces d'ostracodes et d'une espèce de minuscules daphnies.

La suite pourrait apparaître comme le long établissement d'un équilibre naturel par tâtonnements du hasard. En réalité, il faudrait plutôt parler d'équilibres successifs, aucun n'étant jamais définitif. L'équilibre d'un écosystème n'est que le résultat très temporaire des rapports de force et coopérations entre les milliers d'espèces qui le composent et les conditions du milieu.
Les premiers mois, nous avons eu une poussée très rapide des algues filamenteuse, qui ont constitué un rideau continu du sol à la surface. Je les poussais juste contre le fond pour laisser un peu de place et de lumière à l'avant. Les filamenteuses ne sont pas un problème, mais une solution : elles consomment des éléments que les plantes ne sont pas encore en mesure d'exploiter. Si on accepte de changer de point de vue, elles sont décoratives quand on les laisse devenir massives et peuvent même former le volume d'un décor. Dans la nature, elles sont omniprésentes. Il faut savoir ce qu'on veut, on ne fait pas du naturel en couvrant tout de lino !
Puis l'eau est devenue verte (au printemps 2017) pendant environ deux mois. De très petites daphnies sont apparues à cette occasion et ont contribué, avec le reste de la faune présente, à exploiter cette ressource, la recyclant ainsi au profit des plantes.
Puis, dès le mois d'avril, l'eau est devenue totalement cristalline et l'est restée depuis.
Les algues filamenteuses régressent très progressivement au profit de la mousse de Java. La masse totale du coussin végétal reste globalement la même, mais sa composition se modifie en faveur de la mousse et en défaveur de l'algue. Personnellement, je m'en fiche, tant que ça me fait un bon volume de verdure dans l'aquarium !

Aujourd'hui, le bac est d'une eau limpide, très peuplé de crevettes qui ont envahi largement le bac. Leur nombre reste constant à un niveau élevé. Les petits planaires apparus en septembre ont peut-être régulé leur multiplication. C'est la vie et c'est le prix à payer pour que l'aquarium vive sa vie sans intervention humaine.
Les Blackworms sont en ce moment très nombreux.
Les daphnies avaient disparu totalement depuis plus de 6 mois, mais un petit nuage bactérien ayant fait son apparition depuis une dizaine de jours, une éclosion massive de daphnies s'est faite ! Elles sont absolument minuscules et sont certainement là en réaction à l'apparition soudaine de nourriture.

Les plantes ne sont pas particulièrement luxuriantes, puisque je n'introduis pas de matière organique du tout. La seule nourriture que je donne, non pas aux crevettes mais au milieu, est une croquette pour chien chaque semaine... à partager entre tous les composantes de l'écosystème ! Rien de plus. Donc pas crevant, pas cher, pas compliqué et pas suffisant pour polluer.

C'est donc le parfait aquarium de fainéant, sympa à regarder, changeant au fil des mois (il se passe toujours quelque chose), pas fatigant pour deux sous. Juste un ou deux seaux d'eau de pluie à porter de temps en temps pour refaire les niveaux, mais à 20°C, ça s'évapore pas vite-vite !

Finalement, cet aquarium résume un peu ma philosophie de l'aquariophilie naturelle, assez éloignée de ce que je vois parfois sous ce nom un peu fourre-tout. C'est un changement complet de paradigme. On ne peut pas vouloir des tomates totalement naturelles et continuer à exiger qu'elles tiennent un mois sans pourrir. Lutter contre la nature pour la plier à nos schémas, même sans technologie, ce n'est pas vraiment de l'aquariophilie naturelle. On passe alors trop de temps à intervenir pour régler les déséquilibres qu'on a soi-mêmes provoqués en intervenant, et pas assez à observer, juste observer.


La logique durable, c'est celle-là, puisque je n'ai jamais à faire face au moindre déséquilibre. La résilience du milieu est totale, et il est à même de se réguler lui-même, dans le sens de la préservation globale de la vie en son sein.

La paresse est une qualité, je l'ai toujours dit !



Suite à quelques demandes, les bestioles citées (daphnies, ostracodes, Blackworms, aselles et autres) sont disponibles chez www.aquazolla.com

jeudi 7 décembre 2017

Offre décès


Ceux qui ont commandé sur Aquazolla savent qu'il y a souvent des petits cadeaux en plus dans le colis. Je sais que, si je parviens à me sortir de ma situation en vivant de ma passion, je le devrais à mes clients puisqu'il m'ont fait confiance. Je me sens donc reconnaissant et j'ai envie de faire plaisir. Normal, non ?

Il y a donc eu une réunion de crise avec le comptable. Le mec, déjà, on sent qu'il aurait pas pu faire saltimbanque comme métier, ni animateur dans un centre de loisir. Même son costume marron a l'air de s'emmerder quand il parle...

Et le gars m'explique que c'est pas de la gestion, qu'il faut pas bouffer le capital, que le client, ça doit pas être un copain et tout et tout...
Il a même dit que j'avais pas le sens des affaires.

Bref, le type il rayonne pas vraiment l'amour, mais en plus il me parle mal.

Il a donc fallu constater que nous étions en désaccord profond quant à la conduite d'Aquazolla, ce qui ne pouvait pas rester sans conséquences immédiates.

Son corps repose sous le 12ème poubellarium à droite en entrant, après le bassin de jardin.

Afin de fêter ça, il a donc été décidé au sein de Aquazolla Inc. , entre moi et moi-même, de lancer une offre décès. Qui permet d'essayer Aquazolla, donc, pour les ceusses qui hésitent encore...

Jusqu'à dimanche, on triple les daphnies pour le même prix, alors qu'elles étaient déjà à -20%.
Ça fait donc plus de 70% de réduction, puisque les trois doses de 100 daphnies sont au prix de la dose de 100. En plus, je compte super mal et elles sont fichues de se reproduire pendant le trajet !

Bref, jusqu'à dimanche 10 décembre minuit, on fait un Jumbo-Pack à 4,90 €, soit le prix d'une seule dose !
Je dis ça, je dis rien...





Expédition en début de semaine sauf cas de gel trop intense.

mercredi 29 novembre 2017

Nouvelle espèce de collemboles

Comme je l'annonçais sur Facebook hier à la terre entière, à la Cité et au monde, en tant que grand Gourou officiel du Grand Poubellarium Cosmique, j'ai fait une trouvaille qu'elle est chouette la trouvaille...

Alors que je me penchais tranquillement sur un de mes poubellariums dans l'intention de me suicider et rejoindre le Cosmos Aquariophile Éternel, une voix m'a parlé. Je suis rarement tout seul dans ma tête, mais là, j'ai carrément reconnu la voix du Grand Maître.

- Dis, grand couillon, et si tu mettais tes lunettes pour regarder un peu mieux la surface ? Y'a un truc pour toi...

Bon, moi, je suis Gourou et je tiens à mon poste, donc j'obéis généralement au patron, hein...
Je remets donc mes lunettes, que j'avais retirées par coquetterie, des fois que le médecin légiste soit une femme.
Et là, qu'est-ce que j'apercevois-je ?

De toute petites bestioles, vraiment minuscules, qui sautillaient joyeusement sur la surface sombre du poubellarium, semblant ignorer la température glaciale de l'eau.

En m'approchant, le doute n'était plus permis : il s'agissait bien de collemboles, parvenus là on ne sait comment.
Les collemboles sont des arthropodes qu'on classe de temps en temps parmi les insectes, d'autre fois à part, selon les modes. En termes scientifiques, la classification officielle est la suivante : « bon miam-miam pour les poissons ».

En effet, les collemboles ont beau être des bestioles plutôt terrestres, on en trouve à la surface de tous les points d'eau du monde. Terre ou eau, ils couvrent la totalité de la surface du globe, car ils sont l'élément clé de la transformation de la matière organique. Aucune chaîne biologique ni alimentaire n'existerait sans eux. Ils grouillent sur les tas de compost, la litière en forêt, où ils se nourrissent généralement des micro-champignons qui dégradent les matières mortes. Ils sont au monde terrestre ce que les ostracodes sont au monde aquatique.

Comme ils galopent sans vergogne à la surface de l'eau, comme Jésus mais avec plein de pattes, les poissons s'y intéressent particulièrement. On peut pratiquement dire qu'il n'y a pas un poisson d'eau douce au monde qui en ignore le goût !

J'élève déjà une espèce de collemboles pour Aquazolla.
Très facile à maintenir, sa couleur blanche la rend très visible pour les poissons. Les collemboles nouveaux-nés sont bien plus fins que les nauplies d'artémias et conviennent donc à tous les alevins de poissons de surface comme les vivipares ou les killis par exemple.
Une boîte avec un couvercle, un peu de terreau détrempé, quelques collemboles, un peu d'aliment spécial ou des paillettes pour poissons... Et cet élevage sans histoires produit des bestioles à profusion, qu'il suffit de saupoudrer à la surface de l'eau pour nourrir ses poissons. On a alors une alimentation semblable à celle que les poissons trouvent dans la nature, incomparablement plus riche et complexe que n'importe quelle poudre.
On se demande pourquoi les gens se donnent du mal à élever des artémias, proie salée, alors que la nature a tout prévu en eau douce !

Mais toutes mes tentatives, dans le passé, pour acclimater et élever durablement des collemboles d'espèces sauvages ont échoué. Entre la température, le substrat, le taux d'humidité, la nourriture, etc. il est très difficile de trouver le bon équilibre en tâtonnant.

Cette fois, comme c'est le patron qui me les a envoyés, j'ai repoussé le plongeon, j'ai récolté les bestioles comme j'ai pu et je les ai installées dans une douzaine de boîtes différentes, en variant tous les paramètres. Le Ciel est avec nous, profitons-en !

Cette espèce est brun clair et très très petite. Je n'ose même pas imaginer la taille des nouveaux-nés !... Si cela réussit, nous aurions là une nouvelle espèce d'élevage à distribuer aux écailles, de taille minuscule, pour varier encore davantage l'alimentation des petits poissons.

Pour l'instant, comme on voit sur la photo, l'aliment pour Collemboles d'Aquazolla semble leur plaire puisqu'ils se massent immédiatement autour. C'est un premier bon point. Reste le substrat et bien d'autres choses, mais j'ai bon espoir (comme à chaque fois où ça marche pas !...).


Affaire à suivre donc.

mercredi 15 novembre 2017

Blackworms : des vers aquatiques pas fous du sexe

J'ai à la maison un aquarium totalement expérimental. J'y fais des observations que je note soigneusement dans mon petit calepin que j'ai piqué à Columbo.

En eau depuis bientôt un an, j'en limite l'accès strictement aux bestioles autorisées par moi-même pour faire varier l'écosystème puis en tirer des enseignements.
Bref, je fais ce travail pour la science, pour la France et, quelque part, pour l'Humanité toute entière...

Vous n'imaginez pas à quel point il est difficile, voire impossible, de contrôler tout ce qui entre dans un aquarium. En l'occurrence, c'est un aquarium totalement naturel, sans filtre, sans aucune machine ni pompe d'aucune sorte. Juste de l'eau et de la lumière. Le truc zen, quoi...
J'ai vu y apparaître nombre de bestioles que je n'avais pas introduites : 2 espèces nouvelles d'ostracodes, des planaires (une seule espèce pour l'instant) et même quelques aselles qui ont dû jouer les passagers clandestins dans une plante pour tromper ma vigilance !

L'aquarium est peuplé de crevettes Neocaridina davidi noires, les fameuses Black roses, magnifique variante de la Red Cherry. Elles se débrouillent en mangeant les bactéries qui forment un bio-film sur tout ce que contient l'aquarium : plantes, sable, etc.
Pas de poissons ; ce sont des prédateurs qui auraient tôt fait de réduire à néant toute biodiversité. J'en mets d'ailleurs de moins en moins dans mes aquariums. Je vous dirai pourquoi une autre fois.

Parmi les espèces de bestioles volontairement introduites, il y avait les fameux Blackworms, superbes vers aquatiques de la famille de notre célèbre lombric, portant d'ailleurs le doux nom de Lombriculus variegatus.
J'adore ces vers fascinants, leur couleur, leur danse muette qui ressemble à celle des anémones de mer, et surtout leur reproduction un peu mystérieuse, réputée capricieuse.
J'avais introduit trois vers en janvier 2017, à l'installation de l'aquarium, juste avant les crevettes..
Nous sommes maintenant en novembre 2017 et voici le résultat :

Et il y en a comme ça un peu partout dans l'aquarium.
Comme dans tout écosystème , leur pullulation est probablement temporaire et sera tôt ou tard modérée par d'autres espèces ou micro-organismes. Mais j'aime ce spectacle.
Heureusement qu'aucun poisson ne peut les attraper, car ils en sont particulièrement friands !

Bien sûr, ces vers sont capables de se reproduire sexuellement comme vous et moi... euh... enfin, comme vous.
Mais c'est pour leur espèce le plus mauvais moyen de se multiplier. Ils ne le font d'ailleurs que dans la nature, et presque jamais en captivité, allez savoir pourquoi (peut-être la pudeur).
C'est comme moi : si on me regarde, j'peux pas !

Par contre, le Blackworm peut se reproduire par division. Coupez-le en deux, et chaque moitié repoussera pour former un nouveau ver entier, avec une tête et tout le matos !
Il suffit qu'un fragment de ver comporte au moins 3 segments (donc presque rien) pour qu'il puisse reformer un ver complet. Et cette fragmentation, ces imbéciles sont capables de la provoquer eux-mêmes, spontanément.
C'est donc apparemment ce que mes trois pensionnaires ont fait chez moi, avec une fréquence incroyable...
Le sol de mon aquarium a dû, à un moment, être une niche écologique vide, disponible, et ils ont fait le forcing pour l'occuper au maximum avant la concurrence !

Bref, en seulement 11 mois, ils sont devenus des centaines et ils se pavanent, emmêlés dans les algues filamenteuses qu'ils adorent, pour narguer les crevettes...
Ils apportent leur part de biodiversité dans l'intérêt de l'équilibre de l'ensemble, eux et les bactéries qu'ils contiennent. Car, comme les ostracodes, ils font caca !

Et votre serviteur passe ses soirées, avec sa loupe et son mini-microscope, à les observer comme un môme qui a découvert une fourmilière.


Hier soir, c'est mon chien qui m'a dit d'aller me coucher : il était 2h00 du matin !


mardi 14 novembre 2017

Une page Facebook, pour quoi faire ?

Je m'aperçois que j'ai du mal à répondre à tous vos commentaires, parce que mon blog n'a pas de fonction « répondre » spécifique.
Ou alors, j'ai pas trouvé et personne dans ma maison de retraite n'est fichu de m'aider !

Sur les conseils de mon gamin, j'ai donc ouvert une page sur Facebook :

- Papa, pourquoi t'ouvres pas une page Facebook, ce serait plus pratique pour répondre aux gens ?
- Ben, parce que je suis tout vieux et que je pige rien aux rézosocio...
- Mais justement, Papa, y'a plus que les vieux qui vont sur Facebook. C'est ringard ! C'est pile pour ton âge.
- T'es sûr ? Bon, Ok, j'y vais. Des fois que je puisse draguer deux ou trois vieilles de mon âge, on sait jamais.

Et c'est comme ça qu'est née la pageFacebook du « blogueur » Mattier.
Je dis pas que c'est très bien réalisé, mais j'ai fait ça (presque) tout seul, et surtout on pourra plus facilement dialoguer, apparemment.

Et, comme l'a dit Mini-Mattier, il faut que vous alliez « liker » le machin sinon on aura le seum.
 



 

Mais où j'ai fourré ce ***** de dentier ? Il est pas encore tombé dans le poubellarium des gammares, j'espère...

jeudi 9 novembre 2017

Quand un ostracode fait caca...

Je vous ai autrefois dit tout le bien que je pensais des ostracodes. C'était là.
J'expliquais alors que le filtre est un appareil absolument inutile dans un aquarium (quelque soit sa population) puisqu'il ne change pas d'un milligramme le taux de nitrates
Par contre, l'ostracode, lui, est indispensable à tout milieu aquatique équilibré.
J'en refais l'expérience à chaque fois que je démarre un nouveau poubellarium, aquarium, bassin, ou même simple petit bac plastique d'élevage.

Le commerce aquariophile vous l'a expliqué : vous devez remplir l'aquarium, acheter des « bonnes bactéries », les verser dans l'eau, puis attendre 3 semaines environ avant d'y introduire des poissons.
En revanche, si vous ne mettez ni filtre, ni bactéries, le délai n'est plus de 3 semaines, mais de... 21 jours !
Bref, ça ne change absolument rien.
Ces bactéries que vous achetez sont une souche unique, totalement clonée en laboratoire, et donc d'une pauvreté génétique incroyable. Rien ne prouve d'ailleurs que cette population si fragile survive très longtemps après avoir été versée dans l'aquarium. Vous ne pourrez jamais vérifier.

Personnellement, je m'y prends autrement, convaincu que seule la biodiversité du microbiote de tout point d'eau est le gage de sa stabilité.
Ce précepte est bien connu en permaculture, je vous en reparlerai bientôt.
Donc, après avoir rempli mon aquarium, mon poubellarium ou mon bassin (voire ma bassine si c'est une fille), je laisse juste reposer l'eau quelques heures.
Puis je viens avec mon arme biologique absolue : l'ostracode !
Sans même attendre la disparition totale du chlore, j'installe quelques ostracodes dans l'aquarium. Par gentillesse, j'ajoute aussi un petit fragment de croquette pour chien histoire de leur donner à manger dans ce nouveau monde stérile.
Et, avant même de manger, savez-vous ce que fait tout ostracode de bonne famille, ayant reçu une éducation bourgeoise ?
Eh bien, il fait caca.

C'est comme ça, cherchez pas ; un ostracode, ça joue pas au foot, ça regarde pas la télé, ça chante pas la Marseillaise. Non, un ostracode, ça fait caca, et même devant tout le monde.
Et figurez-vous qu'un ostracode, ça a beau être tout petit, c'est quand même un organisme complet, qui mange, respire, s'adonne au sexe, etc.
Et, comme tout organisme complet, il héberge une flore bactérienne complexe qui lui sert à digérer. Comme nous.

Ce qui fait qu'à chaque crotte, la bestiole largue des centaines d'espèces différentes de bactéries, qui vont aussitôt coloniser tout l'aquarium, se nourrir des crottes et de la croquette pour chien, et installer le premier maillon de toute une chaîne alimentaire et biologique complexe. Bref, votre aquarium démarre avec une biodiversité bien supérieure, dans laquelle la nature piochera librement les meilleurs éléments d'un nouvel équilibre aquatique.
Et paf... le marchand de bactéries toutes pareilles et quasi-stériles !

Lâcher quelques bestioles (ça marche aussi avec des aselles, des escargots ou d'autres) est toujours le premier geste fondateur de mes aquariums.
Je suis Dieu qui crée la vie, pas mal, non ?
Nous reparlerons plus tard des autres étapes dans l'établissement d'équilibres successifs et temporaires dans un aquarium naturel, puisque tout ça va évoluer, croître et multiplier et tout et tout.


Mais aujourd'hui, je me suis réveillé avec une envie de vous parler du caca d'ostracode, c'est comme ça, je fais ce que je veux, c'est mon blog et puis c'est tout.

vendredi 3 novembre 2017

Récupérer ses poissons à l'automne...

Depuis la naissance du concept de poubellarium en 2004, la question est posée de façon récurrente à ceux qui s'aventurent à sortir leurs poissons d'aquarium en bassin.
Comment les récupérer à l'automne, pour éviter qu'ils meurent de froid en passant l'hiver dehors ?

On imagine tous les impossibles courses-poursuites à l'épuisette dans les recoins les plus inextricables. Celui qui a déjà passé des heures à essayer d'attraper un simple Danio dans un aquarium un peu trop grand (ou pas) sait de quoi je parle !

J'ai moi-même eu cette pensée quand j'ai, au printemps, introduit certains poissons dans mon joli petit bassin extérieur de 2000 litres. Pour les Tanichthys, pas d'inquiétude : je les destinais, vu leur rusticité, à rester plusieurs années dedans.
Mais j'ai ensuite donné la liberté à des Barbus (ou Puntius) schuberti dont j'adore personnellement la couleur jaune éclatant.
Et là, franchement, j'avoue que j'ai remis la question à plus tard, n'ayant aucune idée de la façon dont je pourrais les mettre à l'abri en fin de saison.
Comme d'habitude, mes poissons ont passé un été merveilleux dans le bassin puisque je ne les ai plus vus, croyant une fois de plus qu'ils étaient morts.

Mais j'ai finalement pu récupérer mes 4 schuberti voilà une semaine exactement (soit le 24 octobre), et voici comment.
J'ai tout simplement attendu la nuit !
Quand il a fait nuit noire, je suis allé observer mon bassin avec une lampe de poche.
Et là, surprise, j'ai vu mes poissons immobiles, en pleine eau, et probablement endormis. J'ai alors pris une épuisette à manche long et j'ai attrapé mes schuberti un par un, en faisant attention de ne pas trop les faire fuir, assez facilement.

L'eau était à 13°C et j'ai, comme d'habitude, constaté que les poissons étaient d'une vigueur absolument inconnue en aquarium.
Et quelles couleurs ! Ils n'étaient plus jaunes, mais presque orange, les mâles ayant sur le dos cette magnifique teinte rougeâtre. Ils frétillaient tellement que j'avais peur de les voire sauter du récipient où je les avais mis.



Depuis, ils découvrent les joies discutables de la captivité. Je leur donne des daphnies et des vers Grindals pour les consoler.

En attendant le printemps prochain !

mercredi 1 novembre 2017

Mattier refait surface !

Pour tout vous dire, les dernières années n'ont pas vraiment été folichonnes.
J'ai connu mieux, franchement...

Un accident de vie m'a fait absolument tout perdre : famille, maison, santé, boulot, etc. J'ai failli y rester, il s'en est même fallu de peu.
Mais je suis en vie et j'ai décidé de regarder devant.

Avant de devoir la quitter, j'ai fait un dernier tour dans ma maison, abandonnée depuis deux ans.
Tout au fond du jardin, j'ai mis les mains dans une bassine, restée là avec son eau à regarder passer les saisons.
En ressortant mes mains de l'eau, j'ai vu qu'elles étaient couvertes d'aselles de toutes tailles.
Il est difficile de vous décrire ce que j'ai ressenti, alors que j'étais vraiment au plus bas. Mais je l'ai perçu comme un signe.
Ces aselles représentent ma passion, des milliers d'heures passées les mains dans l'eau, et quelque part ma vision du monde depuis tant d'années.
À ce moment, j'ai pris une décision : j'ai compris que la vie naît du néant, que chaque graine est un espoir, et qu'il suffit d'une graine pour qu'un tas de boue devienne l'écrin d'un futur fleuri. Tout ça en regardant des saloperies de petites aselles !

À plus de 50 ans, je repars de zéro sans l'avoir choisi, mais j'ai décidé de voir ça comme une occasion rare. Après tout, tout le monde n'a pas cette chance !
J'ai donc travaillé d'arrache-pied pour créer un site de vente qui me ressemble (mais en plus beau et moins bête!).
On y trouvera ce qu'il faut pour l'aquariophilie naturelle qui est ma vie, les poubellariums, la permaculture (interfaces eau-terre), etc.
La boutique s'appelle Aquazolla.



Au début, ce sera simple, et ça évoluera au fil des possibilités. Je compte d'ailleurs sur votre aide pour faire connaître Aquazolla autour de vous.
Je prépare également un livre sur l'expérience accumulée en 35 ans d'aquariophilie et  30 ans d'agronomie (eh ! oui, il y a un lien entre les deux).
Tout ça à la campagne, dans mon petit village, en plein dans un parc naturel.

Et je suis vraiment très heureux de vous retrouver sur ce blog qui a été un lieu heureux de mon ancienne vie, et qui restera désormais le coin où vous serez toujours les bienvenus.

Alors, haut les cœurs, vive la boue et vive l'eau, d'où la vie renaîtra toujours !