mercredi 6 février 2013

Matthieu G. et Nath ex-aequo !

Bravo donc à Matthieu G. et Nath, qui sont les grands gagnants de notre Méga-Quizz international.

La photo est bien celle de ma femelle Heterandria formosa, photographiée au sortir d'un buisson de Ceratophyllum demersum, au petit matin, à l'heure où les biches vont boire au point d'eau.

Comme je vous l'avais dit, elle évolue dans un petit bac en plastique de 5 litres qui flotte dans un aquarium de 54 litres chauffé à 22°C. Elle pond donc tranquillement ses alevins, planquée dans la Cerato touffue et impénétrable comme les voies du Seigneur.
Pas de fond, sauf la moulme (le fameux crapapouët) générée par les tissus morts des plantes, les crottes des escargots et les mégots des aselles !
Les alevins ne se font pas manger du tout, et je les transfère régulièrement dans un poubellarium intérieur de 200 litres au sous-sol.

Un peu de microvers tous les matins, quelques grosses daphnies qui pondent des nauplies à la taille de ces poissons minuscules, et tout le monde mange à sa faim, quand il en a envie.

Comme le disait Nath, elle a le ventre bien rebondi des Mama italiennes, toujours plus ou moins enceintes ou alors très bien nourries...

C'était donc la photo de mon nano-bac en plastique chauffé au bain-marie et non filtré. En trois mois, je pense que j'ai dû changer une fois de l'eau. Sinon, je me contente de refaire les niveaux, comme au garage, rapport à l'évaporation.

Dire que dans la nature, ce poisson côtoie des alligators et toutes sortes de saloperies qui font peur comme dans Les Experts à Miami...

On est quand même mieux chez Mattier, non ?


lundi 4 février 2013

Le méga-quizz de Mattier !

Comme me le disait récemment un lecteur anonyme : "On s'ennuie ferme, sur ton blog ! Pas de gonzesses à poil, pas de drogue, pas de violence, rien pour se marrer, quoi !"

Il n'a sans doute pas complètement tort.
J'admets que mon côté strict, voire austère, parfois limite Mormon, mon souci de la rigueur scientifique absolue, mon mépris pour la gaudriole peuvent parfois provoquer chez le lecteur de ce blog un soupçon de lassitude, ou même de morosité.
Voire se faire un peu chier.

D'un autre côté, je vous ai jamais dit qu'on était là pour rigoler, fallait vous y attendre, c'est pas tout ma faute, faut pas pousser, je vous ai pas pris en traître...

J'ai donc décidé, pour dérider le peuple et dans l'intérêt de l'humour aquariophile français que le monde entier nous envie, de vous proposer un jeu, carrément, je me lâche, soyons fous !

Ce jeu sera un quizz éducatif, que vous pourrez donc soumettre à vos enfants s'ils s'ennuient après la messe un jour de pluie.

Le but du jeu est de trouver ce qui apparaît sur ce détail d'une photo prise dans un aquarium naturel.

C'est dur, mais je vous demande d'être extrêmement précis, pas d'à-peu-près ce serait pas du jeu.

Pour vous mettre sur la piste, je vous donne un indice et un seul.
Cet indice précieux est :

"C'est plus beau que Mauricette, mais moins que Mattier"

Maintenant que je vous ai bien aidés, lâchez-vous pour les réponses, je vous aiderai davantage que si je veux (c'est mon blog, je fais ce que je veux !)...

Feu !


dimanche 3 février 2013

Crevettes bleues en aquariophilie naturelle

Allez, puisqu'on est parti pour parler de mes crevettes, rentrons nous réchauffer un peu et allons voir mes petites protégées restées à l'intérieur, dans ma fish-room du sous-sol.
Juste à côté des réserves de pinard et de saucisson, là où la température fraîche toute l'année convient autant à mes saucisses sèches qu'à l'aquariophilie naturelle.

Je suis l'heureux propriétaire d'une souche de crevettes bleues, de l'espèce Neocaridina heteropoda, et de la variété Blue Velvet. La variété sauvage est presque sans couleur, gris-vert, et la sélection la plus connue est la Red Cherry, de couleur rouge... cerise. Mais les miennes ont été, dans leur jeunesse, victimes d'une contamination radioactive comme Spiderman quand il était petit et en sont ressorties avec une couleur assez rare dans la nature : elles sont toutes bleues, d'un bleu que peu d'animaux arborent, ni clair ni foncé, un bleu... comment dire ? Un bleu Schtroumpf ! Voilà, ce sont des crevettes-Schtroumpf !


Je les maintiens dans des conditions proches de la nature : ni chauffage, ni filtre, ni bulleur, rien. Du sable au fond, même pas du sable spécial, ce sont quelques poignées récupérées dans le bac à sable de mon fils, donc probablement un peu calcaire.
De l'eau, bien sûr (c'est un peu le principe, hein !), et pis c'est tout.
Sur cette base simple, j'ajoute ensuite un peu de vie. Des ostracodes, évidemment, mais aussi des lombrics aquatiques et des aselles, plus une poignée de planorbes. Ça, c'est les troupes de nettoyage. Seule la population des planorbes est régulée par la capture régulière des plus gros individus.
Sur cette photo, on voit bien les vers aquatiques (blackworms) gigoter le long de la vitre.

Enfin, des mélanoïdes dont le boulot (sont pas nourris gratuitement) sera de remuer le sable et éviter ainsi les éventuelles poches de fermentation. Comme dans un point d'eau naturel, le mouvement de l'eau est apporté par le déplacement des bestioles et pas par un filtre bio-actif à sur-motorisation bilatérale par différentiel radio-pulsé. Une aselle qui pète, une baston d'ostracodes, et hop !... voilà l'eau qui bouge !
Vous comprenez sans doute pourquoi mon vendeur de l'animalerie s'est suicidé récemment... Paix à son tiroir-caisse !

Voilà pour les bestioles. Maintenant : un peu de plantes. Quelques brins de Ceratophyllum demersum, un peu de Pistias en surface, mais pas de lentilles d'eau, car je tiens à pouvoir faire pénétrer facilement la lumière en retirant simplement une poignée de Pistias quand il y en a trop.

Deux ou trois petits pots en terre cuite pour loger les timides et les bactéries, et le tour est joué.

Seule concession à la technologie : la lumière. Soigneusement choisie parmi les tubes néon premier-prix-pas-cher (5 euros rampe comprise), j'enveloppe juste le tout dans du film plastique transparent pour protéger de l'eau.

Et voili-voiçà !

C'est dans ce petit coin de paradis que j'ai introduit une joyeuse bande de Neocaridina heteropoda sp. blue (ou Blue Velvet, ou encore Blue Jelly, qui sont généralement les mêmes), genre 5 ou 6 individus, je sais plus exactement.


Je change environ 1/3 de l'eau tous les deux mois, pas davantage, l'ensemble tournant correctement en circuit quasi-fermé, à 17°C environ cet hiver.
J'ajoute de temps en temps de la spiruline, du phytoplancton, et toutes les nourritures naturelles habituelles (légumes divers).

Aujourd'hui, elles sont une quarantaine et j'ai compté hier 7 femelles adultes grainées et 3 en ovulation, bientôt grainées.


Je pense donc que, face à cette surpopulation, je vais donner des vacances d'été à quelques dizaines de ces crevettes, qui bénéficieront d'un poubellarium rien que pour elles.



Un poubellarium pour crevettes-Schtroumpf ! Gargamel va s'en noyer de rage !

samedi 2 février 2013

Crevettes Red cherry en poubellarium d'hiver !

Je suis du genre à perdre mes affaires ou à les oublier un peu partout.

Eh bien, figurez-vous que je suis aussi comme ça avec mes crevettes !

Au printemps dernier, j'ai mis dans un poubellarium au jardin toutes mes crevettes Red Cherry, histoire qu'elles profitent un peu des bienfaits de la nature, comme le vent dans les branches, le gazouillis des oiseaux, le bleu du ciel, le barbecue du voisin, etc. Bref, c'était de ma part un geste altruiste, écologique, humaniste et tout et tout.

Et voilà-t-y pas que, lorsque je rentre tous mes poissons à l'automne, bien soigneusement, voilà-t-y pas, hein, que j'oublie les crevettes ! Aussi étrange que cela puisse paraître, venant d'un personnage de ma qualité et de ma prestance intellectuelle, l'oubli, le trou, l'absence, en un mot : la boulette.

Car n'oublions pas que, et le marchand de l'animalerie vous le dira, la crevette Red cherry, de son vrai nom Neocaridina heteropoda, doit être maintenue au-dessus de 18°C, sinon-je-vous-garantis-rien-ma-bonne-dame, "et voici un chauffage tout neuf c'est 19,90 euros vous en serez content..."

Donc, et là, je laisse planer le suspense... Vous vous rappelez le temps qu'il a fait les deux dernières semaines en banlieue parisienne ? Du -10°C certaines nuits et des jours entiers sans dégeler ! Vous êtes témoins !

Je suis donc, ce matin et en sifflotant, allé faire une petite inspection des poubelles, non protégées qui plus est, où se trouvaient quelques-unes de ces candidates à la congélation façon Picard.
Voici le lieu du crime et les poubellariums d'hiver concernés :
Je ne vous le fais pas dire : ça fait froid dans le dos et dans le poubellarium !

Un petit coup d'épuisette, puisque la glace a maintenant fondu et n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Tadaaaaa !
C'est une femelle, ça se voit à ses cheveux longs et coiffés en couettes.

La même, de profil :
C'est bien une magnifique crevette Red cherry, bien colorée et en pleine forme, semblant avoir plutôt bien vécu l'hiver et le froid.
Faudra que je pense à en parler au type de l'animalerie...

Un dernier petit coup d'épuisette, rapide parce que l'eau fait mal aux mains tellement elle est froide, et j'en remonte carrément 4, deux mâles et deux femelles semble-t-il.
Je vous les ai numérotées, rapport à vos petits problèmes de vue que je peux comprendre à votre âge :
Comme j'ai un bon coeur, je les ai aussitôt remises à l'eau glacée, puisqu'elles ont l'air d'aimer ça.

Si je me souviens bien, je crois que j'en avais mis aussi quelques unes dans un autre poubellarium, au fond du jardin. Mais je sais plus exactement lequel.

Mais comme j'ai la flemme, et que je suis frileux, je vous propose d'attendre le printemps pour vérifier. Sait-on jamais, elles vont peut-être pondre aux beaux jours ?

Pour conclure, je pense qu'il ne sera plus possible à aucun d'entre nous désormais de regarder de la même façon une gambas surgelée. Nous aurons tous une petite pensée pour ces pionnières du fond du jardin, j'ai nommé mes crevettes en poubellarium d'hiver, mes Red cherries qui venaient du froid !

Brrrrr !






vendredi 1 février 2013

Heterandria formosa en aquarium naturel

Ne le dites pas à Mauricette, mais grâce à Nath-la-gentille, j'ai découvert de nouveaux plaisirs. Si !
Grâce lui soit rendue par le Grand Poubellarium Cosmique pour sa bonté...

Je sais pas si je peux en parler ici, parce que c'est un peu personnel.
Mais bon, c'est un blog sur l'aquariophilie naturelle, alors allons-y !

Lors de sa dernière visite, Nath m'a apporté, l'air de rien, mine de ne pas y toucher, un petit poisson extraordinaire.
Ce fameux ex-plus-petit-poisson-du-monde dont j'admirais avec envie les photos dans les bouquins d'aquariophilie des années 80, ce que ne nous rajeunit pas, j'en conviens.
A l'époque, j'étais jeune et beau, et l'aquariophilie était limitée à ce que pouvait vous fournir l'animalerie du coin...

Certains poissons, que l'on voyait en photo dans les livres, étaient désespérément introuvables dans le commerce. C'était par exemple le cas de l'Heterandria formosa. C'était à l'époque le plus petit poisson du monde (depuis, on en a trouvé quelques autres), avec ses 3 cm à tout péter... Et encore, c'était la taille de la femelle, le mâle étant vraiment sa moitié, puisqu'il tournait autour des 1,5 cm en rentrant le ventre et en bombant le torse.
On l'appelait le "poisson moustique", il venait de Floride essentiellement (le fameux Parc naturel des Everglades qu'on voit à la télé !), et restait un rêve lointain.
Pas spécialement fragile, sa taille ne permettait toutefois pas de le mélanger trop avec des espèces plus grandes, ce qui obligeait à le garder en bac spécifique. Par contre, faisant partie des vivipares comme le célèbre guppy (ovovivipare en réalité), il était facile à reproduire, pondant tout seul des bébés tout faits chaque mois sans se faire prier.

Bref, voici la bête :
On voit bien le mâle, tellement petit que son gonopode (le truc pour féconder et faire des bébés, euh... vous voyez, quoi) est presque plus grand que lui.
D'une beauté discrète, son principal point fort est évidemment sa taille, qui lui permet de cohabiter sans dommage avec des crevettes dans un nano-bac, par exemple. Même une petite Red-cherry nouvelle-née n'a rien à craindre de ce poisson miniature !

Voilà donc un poisson que ne fait aucun dégât, et dont la bouche minuscule ne lui permet de manger que des proies très petites ou de la poudre pour alevins.

Nath m'a donc apporté un trio (deux petits mâles et une belle femelle). Je les ai immédiatement placés dans ma fishroom, dans le respect des principes de l'aquariophilie naturelle, ce qui sans doute a évité de nombreux stress et a ainsi facilité leur acclimatation. J'ai en fait installé un petit bac en plastique transparent (5 litres) que j'ai fait flotter dans un bac plus grand légèrement chauffé (22°C), selon la technique bien connue sous le nom de "bain-marie" ! Comme ça, ils sont isolés, mais chauffés gratuitement. J'ai bourré ce petit bac de Ceratophyllum demersum et de lentilles d'eau, pour préserver leur intimité. Pour la nourriture : microvers, Grindals au maximum (un peu trop gros !), cyclops, et très très petites daphnies.

Depuis, je les ai mis sans chauffage (17°C), sans filtre évidemment, sans sol bien sûr et tout va bien.
Mais, pour accélérer la reproduction, je préfère les laisser à 22°C.
La femelle pond les petits un par un, au rythme de un ou deux par jour pendant une semaine, soit une dizaine d'alevins chaque mois. Et elle recommence le mois d'après. Pas de prédation par les adultes, les petits se débrouillent très bien. Je les nourris de microvers tous les jours, et ils trouvent le reste parmi les micro-bestioles présentes au milieu des plantes du petit bac. Quelques collemboles sont aussi un excellent repas : les plus gros sont mangés par les adultes et les très petits conviennent aux alevins. Miam !
Je pense en avoir maintenant une bonne trentaine, que j'ai transférés dans un gigantesque poubellarium intérieur de 200 litres, à température ambiante. Pas de filtre évidemment, rien du tout, que de l'eau et des poissons !

Le voilà, mon rêve : des poissons tout petits dans un volume le plus grand possible, histoire de faire oublier les limites et de se croire dans les Everglades... pour de vrai !

L'été prochain, ces petits poissons me semblent être des candidats idéaux pour un poubellarium enterré au jardin, à grignoter toute la journée des bestioles diverses et variées, comme en liberté.

Faudra juste faire gaffe aux larves de libellules, parce que là, elles pourraient se mettre à bouffer du poisson toute la semaine et pas seulement le vendredi !