mercredi 3 août 2011

Un aquarium pour contemplatifs !

Qu'est-ce qui différencie autant l'aquariophilie naturelle de l'aquariophilie traditionnelle, avec son cortège de changements d'eau, nettoyage de filtre, mesure des paramètres, etc. ?

Eh bien, comme dirait l'autre, la réponse est contenue dans la question !

En aquariophilie traditionnelle, on agit énormément. Certains psys diraient qu'on est le démiurge de son petit monde que l'on souhaite à tout prix maîtriser. Et, surtout, maîtriser soi-même !

D'où la grande place des experts en ceci ou cela, qui donnent les moyens d'en savoir toujours davantage, pour verrouiller le système au plus serré.
D'une certaine façon, un poisson n'a presque pas le droit d'être heureux si ce n'est pas grâce à vous !

L'aquariophilie naturelle, comparée à cette approche, relève bien plus du « laisser-faire ». On ne maîtrise pas grand-chose, ou en tout cas on ne se consacre pas à la maîtrise du système qu'on installe. D'ailleurs, bien plus que l'installer, on lui permet d'exister, puisqu'il s'installe presque seul.

On est tout surpris d'y trouver des bestioles qu'on n'y a jamais mises ou des manifestations naturelles inédites. Alors que ces imprévus génèrent en aquariophilie traditionnelle de l'inquiétude, voire de l'angoisse, ils ravissent le propriétaire d'un bac naturel ou d'un poubellarium.

Dans un cas, on est fier de pouvoir citer les paramètres de son eau et les performances de son installation et de son appareillage, de montrer à quel point la réussite de telle ou telle maintenance dépend de soi. Dans l'autre, on invite ses amis à regarder et à passer un moment agréable au contact de ce morceau de nature.

Dans un cas, on se satisfait de l'action en elle-même plus que de son résultat.
Dans l'autre, on a une démarche assez contemplative, on souhaite être spectateur d'un petit spectacle dont le scénario nous réserve des surprises.

Bref, l'aquariophilie naturelle est une bénédiction pour les fainéants et la hantise des hyper-actifs !

N'oublions d'ailleurs pas que c'est un des plus grands naturalistes et éthologues, Konrad Lonrenz, qui expliquait que la paresse était la plus grande qualité de celui qui veut observer les animaux et la nature, tant leurs rythmes sont lents. La patience est plus aisée pour un paresseux que pour un actif.

L'aquariophilie naturelle, et encore plus la poubellariophilie, seraient-elles un nouvel éloge de la paresse ?

1 commentaire:

caroline a dit…

"L'aquariophilie naturelle, et encore plus la poubellariophilie, seraient-elles un nouvel éloge de la paresse ?"
non Monsieur, pas seulement mais aussi un retour à quelque chose de vrai et de moins mercantile, et permet d'éviter tous ces experts qui sévissent sur nombre de forums aquariophiles en se contredisant les uns les autres et tyrannisent le mal-pensant.
En ces temps d'agitation politique, comme dirait l'autre "RESISTANCE"..
bonne soirée