vendredi 26 août 2011

Soyons superficiels !


Il y a un élément absolument crucial dans la vie aquatique.
Ce n'est pas l'argent, ni le glamour, pas même la télé-réalité.

Non, la vie aquatique tourne autour de tout autre chose, qui la détermine presque entièrement.

Il s'agit de la surface.
La surface, cette chose qui n'existe pratiquement pas, puisqu'elle n'a ni épaisseur ni limite. La surface, c'est ainsi qu'on appelle l'interface entre l'eau et l'air.
Bien que parler d'interface fasse beaucoup plus intelligent, je trouve plus clair de dire que c'est « la partie de l'eau qui touche l'air ». Bon, c'est sûr que ça fait moins le type qui connaît tout, ça impressionne moins l'indigène... mais c'est carrément plus clair !

Eh oui ! L'eau « touche » l'air. Ils sont donc en contact et c'est là que se font absolument tous les échanges.
Les échanges de gaz d'abord : élimination du gaz carbonique et absorption de l'oxygène.
Mais aussi toutes sortes d'autres échanges qu'on n'imagine pas, et dont voici une petite liste (non exhaustive) dressée en quelques minutes avec l'aide de ma belle-mère, pour vous prouver que c'est vraiment à la portée de tout le monde :
  • insectes qui tombent à l'eau et se noient
  • insectes qui pondent dans l'eau, donnant naissance entre autres aux vers de vase
  • insectes et oiseaux qui font caca dans l'eau
  • pluie qui tombe
  • vent qui ride la surface
  • évaporation
  • refroidissement de l'eau par l'évaporation
  • réchauffement de l'eau par ensoleillement
  • apport d'œufs et formes résistantes de divers organismes (via les pattes d'oiseaux, etc.)
  • prédation des poissons (chats, hérons, etc.)
  • et tout et tout...

Il se passe donc une foule de choses en surface, sans cesse. La vie est là et pas au fond.

J'ai eu le bonheur hier d'apercevoir 7 Xiphos noirs dans un grand poubellarium, venant chercher les larves de moustique que je leur donnais. Je ne les avais pour la plupart pas revus depuis le mois de mai !
Une chose était très nette, et c'est une règle dans le monde des poissons : les plus gros se tenaient plus profond que les plus petits.
Dans le poubellarium d'à-côté, peuplé d'endlers, c'est encore plus flagrant : les dizaines (voire plus) d'alevins ne décollent pas de la surface, qui grouille d'animalcules dépendantes de la lumière, tandis que les adultes restent invisibles, cachés dans les profondeurs qu'ils affrontent plus aisément et dont l'obscurité les protège mieux.

En biologie, on étudie beaucoup les « phénomènes de surface », à tel point que je ne suis pas loin de penser que la vie, faite d'échanges, en dépend totalement.

Beau sujet de philo, tiens !

1 commentaire:

Titidu56 a dit…

Bravo pour ce blog qui est un vrai coup de coeur.
J'ai appris beaucoup de choses, mais jamais sur un ton prétentieux mais avec beaucoup d'humour. C'est génial.
Merci beaucoup.