mardi 14 février 2012

Le député et le poisson rouge

L'été dernier, un député français a eu le courage de défendre la cause du poisson rouge en proposant une loi d'interdiction des bocaux boules, véritables mouroirs pour ces animaux.

Il s'agit de Michel Zumkeller, député du Territoire de Belfort.

Je parle de courage, parce que cette proposition avait toutes les chances d'être tournée au ridicule. C'est ce qui s'est produit, et la loi en question n'a pas été votée ni prise au sérieux.

http://www.rue89.com/2011/07/08/sauvons-le-poisson-rouge-de-son-bocal-un-elu-ump-se-mouille-213253

Ils sont des millions en France à être considérés comme de vulgaires objets, comme des vies animales inférieures et impunément torturables, comme des vies de second rang dont la souffrance serait ridicule.

Pourtant, d'autres pays ont depuis longtemps interdit les aquarium boules, et nous ne serions déjà, une fois de plus, que des suiveurs sur le chemin qui laisse la barbarie derrière nous.
Que le progrès est lent !

Musée du poubellarium !

Mes amis, je vous annonce mon intention de créer chez moi le Musée International (voire plus) du poubellarium, dans le but de promouvoir ce magnifique patrimoine qu'est le poubellarium français, le vrai...

J'ai donc choisi d'installer, juste là où ma femme avait prévu qu'on fasse une pelouse pour se dorer la couenne au soleil cet été, une trentaine de poubellariums de 300 litres.
Au-delà de la cruauté apparente du projet, vous remarquerez le courage dont je fais preuve, puisque je compte en plus les enterrer à la sueur de ma pelle et de ma pioche.

Ceci devrait nous faire une petite neuvaine de mètres cubes d'eau pour y placer des petits poissons tout mignons, des plantes de mare, voire apprendre à ce charmant monsieur des impôts à faire de l'apnée.

Mais, allez savoir pourquoi, ma merveilleuse épouse refuse. En pleine Saint Valentin, cette délicieuse Mauricette m'a annoncé son intention de camper sur "sa" pelouse pour m'empêcher de passer à l'acte. Sacrée Bernadette...

D'où le sondage que je vous soumets, dont j'espère qu'il deviendra une pétition, voire un plébiscite, pour me soutenir face à Huguette, dans l'intérêt de notre cause sacrée : celle du poubellarium.

Sinon, y'aura pas de musée, hein !

Merci de votre soutien.

lundi 6 février 2012

Tani chaud ni froid !

Nous avons déjà parlé ici du scandale des poissons rouges, totalement inadaptés à la vie en appartement, qui vivent trop souvent dans des aquariums minuscules.
Ce poisson grégaire doit vivre en groupe, ou au moins en bande, jamais seul. En outre, c'est un poisson de grande taille, qu'on ne peut garder correctement que dans de grands aquariums, très éloignés des affreux bocaux de verre où on les confine si souvent.

Ce scandale est perpétué par le fait que le poisson rouge, au mépris de la loi qui l'interdit pourtant formellement, est encore considéré comme un lot traditionnel dans les foires et kermesses.
Même les écoles montrent aux enfants le mauvais exemple en bafouant elles-mêmes la loi qui protège ces poissons lors de leurs fêtes de fin d'année.

Depuis des années, je ne comprends pas pourquoi c'est le poisson rouge qui est préféré, alors qu'il est sans doute le moins adapté à cette vie à la maison.

Parmi les nombreux poissons qui pourraient le remplacer avantageusement, il y a le Tanichthys albonubes.

Ce petit poisson, pratiquement disparu de sa zone naturelle d'origine, est très courant en aquarium.

Moins salissant que le poisson rouge, il grandit beaucoup moins (4 à 5 cm maximum).
Il est magnifique et son activité incessante offre un spectacle de tous les instants.
Il accepte l'eau du robinet et n'a pas besoin de chauffage, résistant même sous la glace des bassins de jardin en hiver !

Ce poisson est, lui aussi, grégaire. Mais il est beaucoup plus facile d'héberger 6 Tanichthys dans un petit aquarium que 6 poissons rouges !

Même son prix est égal, voire inférieur, à celui d'un poisson rouge...

Enfin, le Tanichthys existe lui aussi en plusieurs variétés de couleur et de formes de nageoires, même si elles sont moins nombreuses.

Je suis convaincu qu'une campagne des associations, relayée par les animaleries et jardineries, pourrait commencer à faire évoluer les habitudes.

Posséder un poisson dans un petit aquarium, ce ne sera jamais idéal. Mais il vaut mieux que ce soit une bande de 6 Tani qu'un pauvre poisson rouge seul, maltraité et torturé par l’exiguïté d'un bac inadapté.
Ce serait déjà un moindre mal, et peut-être un bon début !

Aquarium sibérien non chauffé !

Quand il fait -15°C dehors dans ma banlieue parisienne, on est bien content de pouvoir pratiquer l'aquariophilie naturelle en intérieur...
Parce que, côté poubellarium, à part faire des trous dans la glace, on peut pas faire grand chose ces jours-ci !

Donc, je passe mes journées dans mon sous-sol, dans ma fish-room, avec pour seule compagnie mes poissons et toutes les autres bestioles qui participent à faire de mes aquariums des petits coins de nature, des trous d'eau, des mares de rêve.

Et il faut bien avouer que, au sous-sol, ça caille !

Je ne chauffe qu'un seul de mes bacs, ainsi qu'un poubellarium intérieur de 300 litres.
Tous les autres aquariums sont à température ambiante, c'est-à-dire 17°C dans un hiver normal.

Cette année, on se demande bien ce que fait le gouvernement, il fait un froid de tous les diables. Si j'étais ministre, moi j'vous l'dis, ça s'passerait pas comme ça !

La maison est chauffée à 18°C (on peut pas plus, sinon ça explose), et ça nous donne royalement un 14-15°C au sous-sol, dans ma fish-room.
Ce qui explique que vous ayez, ces temps-ci, assez peu de nouvelles de mes poissons : normal, ils ont du mal à écrire avec les doigts gelés.

J'en ai profité pour faire une petite photo de mon bac à cyprinidés, dont la température est actuellement de 15°C les bons jours, et parfois plutôt 14°C.
La photo n'est pas très bonne (moi aussi, j'ai les doigts gelés!), mais on y distingue tout de même l'aspect général de ce petit aquarium naturel, sans filtre, sans chauffage, sans sol autre que les déchets dégradés, mais bourré de plantes et intensément éclairé.

Les plantes sont des Ceratophyllum demersum ainsi que des plantes de surface comme des lentilles d'eau et des Pistias stratiotes. On distingue d'ailleurs assez bien les longues racines déployées des Pistias qui s'enfoncent sous l'eau, constituant des cachettes très appréciées des alevins en période de reproduction, tout particulièrement en saison et en poubellarium.
En extérieur, il n'est pas rare que ces racines atteignent une longueur de 70 cm, soit plus que la profondeur standard d'une poubelle !

Ce que je trouve remarquable, c'est surtout que la population de cet aquarium ne semble pas souffrir d'une température qu'elle n'est pas censée tolérer en théorie.


Mais la nouveauté, ce sont les Puntius titteya (ex Barbus titteya) qu'on voit parfaitement sur la photo, mâles et femelles, qui se portent comme des charmes à 15°C ! Et ça, c'est déjà plus surprenant !

D'où la théorie du stress, une fois de plus : ils sont en groupe de 6 individus et peuvent se cacher autant qu'ils le souhaitent dans cet aquarium sans aucun bruit de filtre. Ma présence est anecdotique dans la pièce et ils sont donc rarement observés. Enfin, ils sont nourris de petites bestioles vivantes à volonté, et pas de paillettes industrielles tristounettes... Tout cela peut expliquer que, tous ces stress étant levés, le seul stress dû à la température ne suffise plus à avoir des conséquences néfastes.

Bref, ce qu'un poisson ne supporte pas en aquariophilie traditionnelle « technophile », il le tolère très bien dans un contexte moins stressant.

Et si on réfléchissait à tout ça avant ces élections présidentielles à venir ?