mardi 21 mai 2013

6 Microrasbora galaxy à la poubelle !

Allez, c'est pas parce que l'eau est à 12°C au jardin qu'on va repousser la saison.

Mes Microrasbora galaxy (alias Celestichtys margaritatus pour les connaisseurs) ont passé l'été dernier en poubellarium intérieur et l'hiver en bac plastique non chauffé, soit entre 13 et 16°C cette année au sous-sol selon les mois.
C'est un petit poisson très à la mode et tout joli :

Mais bon, derrière sa réputation de poisson fragile, surtout due à son prix élevé, ce n'est jamais qu'un tout petit et tout joli danio

C'est pourquoi j'ai décidé de sortir cette année mes 6 individus et de leur offrir un 300 litres planté, en espérant qu'ils auront envie d'y pondre.

La première étape, là encore, est de sortir les petits monstres dans leur bac plastique (5 litres seulement) pour les habituer déjà à la lumière du dehors :

Il y a apparemment des mâles et des femelles dans la petite bande et tout le monde est en pleine forme après cet hiver au froid et presque sans manger.

Mon pari est que l'abondance soudaine de nourriture vivante et de place va les rendre lubriques et assoiffés de sexe, va faire d'eux de véritables bêtes d'amour, en espérant voir apparaître enfin mes premiers petits alevins galaxy en surface aux beaux jours.

Je vais pour cela les placer dans un poubellarium de 300 litres (comme les Tani), soit 50 litres brut par galaxy ! Z'ont pas intérêt à la ramener après ça, c'est le très très grand luxe.

Les plantes que l'on voit, dont les racines flottantes servent de support à diverses algues filamenteuses et autres lentilles d'eau, sont des Typha angustifolia, variété de massettes supportant très bien l'hier dehors dans nos régions. Leurs feuilles dressées peuvent atteindre 1,50 à 2 mètres de haut, et leurs racines forment un fouillis très serré hébergeant en toute saison des bestioles et du zooplancton très varié. Si un alevin se retrouve là-dedans, je vois mal ses parents aller le boulotter !

Comme d'habitude, acclimatation très rigoureuse et très lente, avec des petites étapes d'ajout d'eau du poubellarium dans le bac des poissons, qui frétillent à l'idée d'aller dans le grand bain :

Au bout d'une heure ou deux de purgatoire, il n'y a plus qu'à leur donner l'accès au paradis !

Et là, comme ce ne sont pas vraiment des poissons de surface, je dois avouer que je n'ai plus la moindre nouvelle d'eux depuis une semaine qu'ils sont dans la cour des grands.

Ils doivent être en train de se gaver de bestioles bien grasses et hyper-variées, ce qui, je l'espère, les préparera à une reproduction printanière naturelle et abondante !

On verra ça, j'en rêve depuis si longtemps...

lundi 20 mai 2013

C'est les Tani qui s'y collent !

J'ai lancé ma saison 2013 voilà une semaine, malgré les températures dignes d'une Toussaint, en sortant mes Tanichthys.

Ils avaient passé l'hiver au sous-sol dans des bacs en plastique de chez Castouille. Ils ont donc eu droit aux 14°C syndicaux pendant toute la mauvaise saison, et jusqu'à leur sortie.

De toute façon, il faisait sensiblement la même température dans l'eau de mes poubellariums, qui avait bien du mal à dépasser les 15°C, sauf peut-être en surface les jours ensoleillés.

J'ai donc pris une treizaine de Tanichthys super-motivés, les linni de l'an dernier, vétérans aguerris qui commençaient à trouver le temps long.


C'est le bac Casto de 14 litres dans lequel ils ont passé la fin de l'hiver, après avoir bénéficié d'un 20 litres non filtré depuis l'automne.
Ils étaient 13, ils le sont toujours, c'est du costaud, pas le genre à tourner de l’œil parce qu'on oublie de leur donner à bouffer trois jours de suite ! Remarquez, à 14°C, on ne mange pas beaucoup de toute façon...

Le secret de la réussite, on ne le dira jamais assez, que ce soit pour les poissons ou pour les crevettes, c'est l'acclimatation. C'est la seule étape stressante pour les poissons, ce serait dommage de la bâcler, alors qu'ils seront si heureux après.

Je baisse donc le niveau de l'eau dans le bac plastique, histoire de faire de la place pour l'eau du poubellarium que j'ajouterai petit à petit, et je fais flotter le bac dans le poubellarium de destination.

On remarquera que le poubellarium en question est un magnifique modèle flambant-pas-neuf de 300 litres, en eau depuis maintenant presque 10 ans, avec tout plein de crapapouët au fond et des bestioles qui grouillent dedans. En arrivant dans leur nouveau domicile, les poissons vont trouver en pagaille des cyclops, des daphnies, des vers de vase et des larves d'éphémères. Un peu comme des gamins qui débouleraient dans un entrepôt de chez Haribo et qui auraient tout le week-end devant eux !

Le principal, c'est de bien prendre son temps. Je vais faire autre chose, jardiner, boire mon café, donner un coup de pied à Mauricette, acheter le pain, faire pipi, draguer la voisine, etc. De temps en temps, en passant devant, je fais passer un peu d'eau du poubellarium dans le bac plastique et je retourne histoire de vaquer un petit peu...
On les voit, les petits coquins, qui piaffent d'impatience à l'idée d'aller grignoter toutes les petites bêtes qu'ils aperçoivent à travers le plastique translucide !

Et là, avant de balancer tout le monde à la baille, au bout d'une heure ou deux d'acclimatation, j'ai une idée...

Je sais pas pourquoi, mais je me dis que ça vaut le coup d'aller mettre un petit coup d'épuisette dans la poubelle de 80 litres où je les avais repêchés l'automne dernier, avant de les rentrer pour l'hiver.

Et là : Tadaaaaa !
Ce petit couillon avait tout simplement passé l'hiver dehors sans rien dire et sans donner de nouvelles. Pas une carte postale, pas un coup de fil, rien ! Il est carrément plus beau et plus coloré que ses copains qui ont passé l'hiver au chaud (si on peut dire !) et il a l'air en parfaite santé;

Résultat : j'ai mis fin à sa solitude et il a retrouvé ses copains dans les 300 litres de bonheur pour poisson.

Je jette un œil tous les jours depuis une semaine, et ma joyeuse bande de 13 (devenus 14) se porte bien, pas plus sauvages que ça pour l'instant. Ils se tapent les larves de moustique que je leur donne, venues du bac d'à côté, et entament donc leur deuxième saison dehors dans la joie et la bonne humeur.

jeudi 21 mars 2013

Des collemboles à croquer !

Je vous parlais récemment de la nourriture vivante, base de l'aquariophilie naturelle et source d'alimentation incomparable pour nos poissons.

Parmi les nourritures que j'aime beaucoup donner à mes protégés, il y a les collemboles.

Les collemboles sont présents absolument partout, sur chaque centimètre carré de terre et même d'eau... ces petits insectes (en réalité aptérygotes pour les intimes) se nourrissent de presque rien (moisissures, déchets divers) et sont un maillon tout à la base de la chaîne alimentaire.

On en a trouvé certaines espèces dans les fourmilières, où ils font le ménage sans être attaqués par les fourmis (on parle d'insectes "commensaux"), et dans tous les endroits possibles et imaginables. Ils vont même jusqu'à faire des dégâts dans certaines vieilles bibliothèques !

L'espèce que j'élève (merci Abricia Nature !) est toute blanche et très tendre pour les poissons.



Les collemboles adultes sont une proie naturelle de tous les poissons sauvages, ces bestioles toute légères se promenant sans problème à la surface de l'eau. Leur peau a même été étudiée comme modèle pour sa texture non-mouillable et insalissable.

J'ai moi-même pu observer cet été, dans mes poubellariums enterrés, une foule d'espèces de collemboles ayant pris possession de la surface et mettant ainsi mes poissons à l'abri de toute famine...

Cette nourriture, idéale pour les poissons adultes se nourrissant en surface, est aussi parfaite pour les bébés poissons. En effet, les jeunes collemboles sont des copies conformes des adultes, mais absolument mi-nus-cul-es.
Je les saupoudre à la surface de mes bacs de reproduction et les alevins se servent à mesure de leurs besoins. Et quand je dis "saupoudrer", ce n'est pas une image, tant ces bestioles sont fines et ressemblent à une poudre blanche quand elles sont jeunes.

L'avantage des collemboles, outre le fait qu'ils correspondent au menu naturel des poissons, c'est qu'ils restent vivants et se promènent à la surface de l'eau tant qu'ils n'ont pas été mangés, plusieurs jours s'il le faut. Ils représentent donc un garde-manger idéal, les poissons dans la nature faisant des dizaines de repas par jour et non deux ou trois comme en aquarium !

Autre avantage : cette espèce, contrairement à d'autres, ne risque pas d'envahir la maison et de grignoter les livres, papiers, etc., puisqu'elle ne tient pas une heure sans l'humidité de sa boîte d'élevage (d'où sa joie d'aller à la surface de l'eau !).

Petite photo des bestioles faisant le bonheur de mes endlers en poubellarium intérieur :


Le premier qui se moque de mes photos devra bouffer des paillettes toutes sèches et filer dans sa chambre sans dessert !

En plus, à force de saupoudrer et donner aux poissons, j'en ai déjà croqué quelques-uns sans le vouloir, et c'est pas si mauvais !

Tiens, la même avec un platy abeille qui se régale :


Ces bestioles, à l'origine utilisées par les passionnés de batraciens et amphibiens, sont faciles à élever et très productives. Avec quelques boîtes d'élevage, on peut nourrir plusieurs aquariums tous les jours.

Qui veut goûter ?

mercredi 20 mars 2013

Mousse de plancton : les images !

Je vous en parlais l'autre jour, la saison des poubellariums a commencé malgré le froid et le gel !

L'activité biologique bouillonnante se traduit par cette fameuse mousse verte constituée du premier phytoplancton, essentiellement formé de cyanobactéries (d'où sa couleur vert très vif un peu bleuâtre).

Pour votre plaisir et votre plus grand bonheur, et pour vous prouver que je ne recule devant rien pour vous, je suis sorti de chez moi, j'ai quitté mes charentaises, carrément, et je suis allé en reportage photo contre le mur de la maison orienté au sud.
C'est qu'il a peur de rien, le Mattier, je suis un aventurier mais on se refait pas.
La cause avant tout !

Et là... Tadaaaaaaa :


Quand je vous dis que ça mousse, le phytoplancton, dans les poubellariums !
Des bulles de plancton, c'est beau, non ?

Tiens, une autre, avant que Mauricette ne me rattrape pour me mettre mon bonnet et mon écharpe (Ah ! les femmes !) :


J'en pleurerais, tellement c'est grandiose !

La vie est là, elle naît dans le sein de nos poubellariums, sous nos yeux, et nous ne le voyions pas...

Si c'est pas un beau lancement de saison, ça, hein !

mardi 19 mars 2013

Vive la nourriture vivante !


Un des gros avantage de l'aquariophilie naturelle, en aquarium comme en poubellarium, pour nos poissons, c'est la bouffe !

Un poisson en aquarium traditionnel, en plus de tous les stress occasionnés par la coupure totale d'avec la Nature, mange tous les jours de l'année d'affreuses paillettes industrielles, des comprimés industriels, des « tabs » industrielles, voire même de la gelée naturo-industrielle (voir notre test produit !)
Les jours de fête, il a parfois droit à un peu de bestioles surgelées, et donc mortes, lui qui aime tant, dans la nature, les repérer, les chasser, les poursuivre, les gober toutes frétillantes, etc.

Bref, tout est là : l'aquariophilie traditionnelle fait payer très cher au poisson une prétendue sécurité sanitaire (toute relative d'ailleurs), en lui donnant des repas pires que dans un hôpital public, de la quasi-bouffe en tube. Berk !

Sans compter que cette alimentation tristounette, dont le plaisir est absent, est extrêmement polluante dès lors qu'une partie n'est pas consommée.

Les aliments industriels sont fabriqués à base d'ingrédients comme les farines de poisson, les farines de céréales (pour des poissons!!!), et quelques complexes vitaminés pour faire croire au consommateur que ces produits sont absolument complets et même meilleurs que du poisson frais !
Bref, quelle que soit la forme sous laquelle ils se présentent, ces aliments sont reconstitués à partir d'ingrédients inertes, industriels, transformés en usine et soigneusement sélectionnés... selon leur coût ou par le service marketing !

En aquariophile traditionnelle, on passe son temps à ajouter des technologies coûteuses pour compenser le stress des autres technologies coûteuses, puis on donne des produits coûteux pour soigner les maladies occasionnées par le stress de l'ensemble. D'où les cercles vicieux où semblent pris nombre d'aquariophiles, si on en juge par les milliers de sujets postés sur les forums.
Ainsi va le commerce...

En aquariophilie naturelle, on consacre au contraire son énergie à procurer au poisson du plaisir (dimension largement ignorée en général) et à supprimer les stress. Au total, la mortalité est généralement bien moindre et le coût des technologies quasi-nul.

Une des bases de l'aquariophilie naturelle, en aquarium ou en poubellarium, c'est la nourriture vivante. Généralement aquatique, la nourriture non consommée reste vivante et disponible et ne pollue donc pas. Elle ne part pas dans un filtre, puisqu'il n'y en a généralement pas ! Et surtout, les poissons se régalent, retrouvent le plaisir instinctif de la chasse et de la poursuite.
Lâchez un nuage de daphnies dans un aquarium et vous verrez la nature réapparaître en quelques instants ! Élevez tous vos alevins avec des anguillules du vinaigre ou des microvers, voire des nauplies de daphnies (minuscules) et vous verrez comme leur croissance devient rapide et comme la mortalité chute...

Aucun aliment reconstitué ne contiendra jamais l'infinie complexité de la nourriture vivante pour les poissons : oligo-éléments, enzymes, vitamines, catalyseurs divers, acides aminés, etc. Et surtout, le plaisir du poisson !

Dans ma fish-room, on n'entend pas le bruit des filtres, presque pas de chauffages, pas de pompes... Mais des élevages de bestioles partout, des AbriciaBox bourrées de vers (Grindals, enchytrées, microvers...), des ostracodes dans tous les bacs, des collemboles qui sautillent comme des puces à la surface de l'eau, des aselles nettoyeuses dont les bébés se font grignoter à l'occasion... bref : j'élève moi-même la nourriture adaptée, au lieu de faire fabriquer un ersatz industriel par une usine perdue au fond de l'Allemagne !

Plus simple, meilleur et plus adapté : pourquoi acheter de la soupe en briques quand on a un potager ?

En plus, c'est Mauricette qui est contente quand elle voit grouiller les bestioles dans son frigo (si ! je l'ai fait !)...

dimanche 17 mars 2013

Eheim : la fin d'un mythe ?


J'apprends complètement par hasard un événement passé assez inaperçu dans le monde aquariophile.
Il s'agit du décès de Gunther EHEIM, fondateur du célèbre fabricant de filtres extérieurs pour aquariums, en février dernier, à l'âge de 93 ans.

À l'origine fabricant de jouets techniques, il crée un jour une petite fontaine pour les décors de trains électriques, et donc une petite pompe.

Il a l'idée de l'utiliser pour « nettoyer » les aquariums et crée ainsi le concept de filtre extérieur en 1963 (j'étais pas né, dis donc !).

Le filtre pour aquarium n'est donc pas né de l'identification préalable d'un besoin biologique, comme on pourrait le penser aujourd'hui, mais d'une simple opportunité technique et commerciale.
Le discours expliquant l'utilité du filtre n'est venu qu'après, l'idée de départ étant juste esthétique et vaguement de bon sens : « nettoyer » !

Depuis, a été élaboré tout un discours scientifique pour justifier a posteriori l'existence, voire la nécessité, du filtre. À tel point que personne, pendant plus de quarante ans, n'a osé imaginer monter un aquarium sans filtre ! Bref, c'est l'histoire d'un coup marketing particulièrement réussi.

Actuellement, la vogue de l'aquariophilie naturelle a donné à certains le courage fou de... débrancher leur filtre. Et ils ont découvert, les uns après les autres, que la catastrophe annoncée ne se produisait pas ! Et même que tout allait aussi bien, voire mieux qu'avec ce satané filtre ! Mais il fallait oser, transgresser LE dogme !

Finies ces heures passées « le nez dans le moteur » à amorcer, désamorcer, rincer, changer les masses filtrantes... Finies ces délicieuses discussions sur les forums sur l'art d'organiser les masses filtrantes dans l'ordre idéal, discussions que l'on sait maintenant purement théoriques et sans fondement réel !

Le filtre d'aquarium, né d'un opportunisme d'entrepreneur de génie, a réussi à s'imposer au fil du temps comme un accessoire indispensable. Un discours scientifique est ensuite venu expliquer ce qui se passait dans ce filtre, oubliant juste de dire que cela se produisait également hors de lui et sans lui !
Pile comme si Mauricette osait un jour se poser la question de savoir si elle serait aussi heureuse... sans moi ! Je serais foutu !

Les vendeurs des animaleries, comme moi d'ailleurs, ont tous été formés dans cette culture (on pourrait même dire « religion ») et transmettent sans broncher ce discours. Il faut dire que, vu le prix d'un filtre actuellement, avec toutes ses technologies dignes d'un Airbus, on aurait tort de se gêner !
La firme l'avoue elle-même, elle devait toujours « sophistiquer » ses produits pour « se défendre contre la concurrence asiatique »...

La disparition de cet homme marque-t-elle la fin d'une époque ?
Le bruit infernal du filtre dans un aquarium sera-t-il bientôt un vieux souvenir pour nos poissons ?

Il y faudra certainement du temps, tant la croyance est ancrée et tant elle satisfait d'intérêts, économiques et même narcissiques, dans le milieu aquariophile...

Saviez-vous que toute référence à ce blog a été carrément... interdite (!!) sur certains forums aquariophiles ? Ce genre de forum sur lequel les débutants sont tancés par les « anciens », qui leur demandent les paramètres physico-chimiques de leur eau avant de bien vouloir répondre à la question :
« Ma lampe marche plus, je fais quoi ? ».

Je ne vous dirais pas de quel site il s'agit, vous seriez capables d'aller me les énerver exprès !
Le virulence étonnante de ces gens contre mon modeste blog révèle bien les enjeux, pas seulement économiques, d'un dogme qui disparaît.
Rebattre les cartes dessert toujours ceux qui avaient la main.

Prions mes frères !

vendredi 8 mars 2013

Démarrez vos poubellariums !

Ami lecteur... Tu veux avoir du succès avec les femmes, devenir musclé et bronzé, réussir ta vie et être admiré de tes voisins, impressionner tes amis, devenir l'idole de ton patron ?
Tout cela, et plus encore, peut être à toi, si tu entres dans le monde...

... du POUBELLARIUM !

Eh oui ! Non seulement je sors d'un stage de rédaction publicitaire chez "Avant-Après.com", mais j'ai la joie de vous annoncer le démarrage de la saison 2013.

Alors, attention, hein : s'agit pas de sortir vos poissons par ce temps, évidemment !

Mais, si par curiosité vous avez laissé l'an dernier votre poubellarium dehors en l'état, vous avez sans doute eu la surprise, ces derniers jours, de le voir "mousser"... En réalité, c'est plutôt qu'à la surface de certains poubellariums (pas de tous) se développe une très fine couche verte, ressemblant à une légère écume, incluant d'innombrables petites bulles vert vif. C'est le premier phytoplancton de l'année, et la première étape visible de la reprise de la vie dans les points d'eau.

Au fond des poubellariums, les larves d'éphémères, de libellules, les vers de vase et les aselles ont résisté tout l'hiver, patiemment.
Mais ces jours-ci, le doute n'est plus permis : tout repart; même les aselles sont devenues grosses comme... Aïe ! Pas sur la tête, Mauricette !... comme de grosses... aselles ! Les femelles ont leur sac d'oeufs sous le ventre et les mâles sont énormes.

De leur côté, les premiers contingents de daphnies arrivent ; quelques grosses magna ont tenu le coup, et les petites pulex commencent à se multiplier, encouragées par ce discret phytoplancton de surface.

Cette surface verte, presque bleu-vert, est d'ailleurs surtout composée de cyanobactéries (la fameuse spiruline en est une, par exemple), moins exigeantes que les vraies algues. L'eau verte sera pour un peu plus tard, la vraie eau verte qui permet à la vie d'exploser littéralement au printemps.

C'est donc le meilleur moment pour sortir les poubelles au jardin si vous ne l'avez pas encore fait. Il gèlera encore, mais ce n'est pas grave du tout. Pas de quoi freiner l'explosion lente mais inexorable du printemps dans nos petits trous d'eau d'aquariophilie naturelle.
C'est maintenant que vos 80 litres, 200 litres ou plus de vie aquatique se préparent.
Quelques ostracodes, aselles et daphnies y sèmeront les bactéries contenues dans leur corps, ensemençant ainsi une biodiversité inestimable, et donnant le coup d'envoi d'une saison de plus pour le bonheur de nos poissons !

Faites plaisir à vos poissons : mettez-les à la poubelle !

Et pour ça, à vos poubelles, baignoires, abreuvoirs désaffectés, récupérateurs d'eau, bassines, piscines gonflables et autres gamelles !
Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos poissons, faites-le pour la France, faites-le pour l'Humanité ! Le Grand Poubellarium Cosmique nous regarde, soyons-en dignes.

Sortez vos poubelles, non de non, sinon vous s'rez jamais prêts en mai-juin, allez !

Moi, c'est fait... En plus, elles sont enterrées, elles risquaient pas de bouger, hein !

mercredi 6 février 2013

Matthieu G. et Nath ex-aequo !

Bravo donc à Matthieu G. et Nath, qui sont les grands gagnants de notre Méga-Quizz international.

La photo est bien celle de ma femelle Heterandria formosa, photographiée au sortir d'un buisson de Ceratophyllum demersum, au petit matin, à l'heure où les biches vont boire au point d'eau.

Comme je vous l'avais dit, elle évolue dans un petit bac en plastique de 5 litres qui flotte dans un aquarium de 54 litres chauffé à 22°C. Elle pond donc tranquillement ses alevins, planquée dans la Cerato touffue et impénétrable comme les voies du Seigneur.
Pas de fond, sauf la moulme (le fameux crapapouët) générée par les tissus morts des plantes, les crottes des escargots et les mégots des aselles !
Les alevins ne se font pas manger du tout, et je les transfère régulièrement dans un poubellarium intérieur de 200 litres au sous-sol.

Un peu de microvers tous les matins, quelques grosses daphnies qui pondent des nauplies à la taille de ces poissons minuscules, et tout le monde mange à sa faim, quand il en a envie.

Comme le disait Nath, elle a le ventre bien rebondi des Mama italiennes, toujours plus ou moins enceintes ou alors très bien nourries...

C'était donc la photo de mon nano-bac en plastique chauffé au bain-marie et non filtré. En trois mois, je pense que j'ai dû changer une fois de l'eau. Sinon, je me contente de refaire les niveaux, comme au garage, rapport à l'évaporation.

Dire que dans la nature, ce poisson côtoie des alligators et toutes sortes de saloperies qui font peur comme dans Les Experts à Miami...

On est quand même mieux chez Mattier, non ?


lundi 4 février 2013

Le méga-quizz de Mattier !

Comme me le disait récemment un lecteur anonyme : "On s'ennuie ferme, sur ton blog ! Pas de gonzesses à poil, pas de drogue, pas de violence, rien pour se marrer, quoi !"

Il n'a sans doute pas complètement tort.
J'admets que mon côté strict, voire austère, parfois limite Mormon, mon souci de la rigueur scientifique absolue, mon mépris pour la gaudriole peuvent parfois provoquer chez le lecteur de ce blog un soupçon de lassitude, ou même de morosité.
Voire se faire un peu chier.

D'un autre côté, je vous ai jamais dit qu'on était là pour rigoler, fallait vous y attendre, c'est pas tout ma faute, faut pas pousser, je vous ai pas pris en traître...

J'ai donc décidé, pour dérider le peuple et dans l'intérêt de l'humour aquariophile français que le monde entier nous envie, de vous proposer un jeu, carrément, je me lâche, soyons fous !

Ce jeu sera un quizz éducatif, que vous pourrez donc soumettre à vos enfants s'ils s'ennuient après la messe un jour de pluie.

Le but du jeu est de trouver ce qui apparaît sur ce détail d'une photo prise dans un aquarium naturel.

C'est dur, mais je vous demande d'être extrêmement précis, pas d'à-peu-près ce serait pas du jeu.

Pour vous mettre sur la piste, je vous donne un indice et un seul.
Cet indice précieux est :

"C'est plus beau que Mauricette, mais moins que Mattier"

Maintenant que je vous ai bien aidés, lâchez-vous pour les réponses, je vous aiderai davantage que si je veux (c'est mon blog, je fais ce que je veux !)...

Feu !


dimanche 3 février 2013

Crevettes bleues en aquariophilie naturelle

Allez, puisqu'on est parti pour parler de mes crevettes, rentrons nous réchauffer un peu et allons voir mes petites protégées restées à l'intérieur, dans ma fish-room du sous-sol.
Juste à côté des réserves de pinard et de saucisson, là où la température fraîche toute l'année convient autant à mes saucisses sèches qu'à l'aquariophilie naturelle.

Je suis l'heureux propriétaire d'une souche de crevettes bleues, de l'espèce Neocaridina heteropoda, et de la variété Blue Velvet. La variété sauvage est presque sans couleur, gris-vert, et la sélection la plus connue est la Red Cherry, de couleur rouge... cerise. Mais les miennes ont été, dans leur jeunesse, victimes d'une contamination radioactive comme Spiderman quand il était petit et en sont ressorties avec une couleur assez rare dans la nature : elles sont toutes bleues, d'un bleu que peu d'animaux arborent, ni clair ni foncé, un bleu... comment dire ? Un bleu Schtroumpf ! Voilà, ce sont des crevettes-Schtroumpf !


Je les maintiens dans des conditions proches de la nature : ni chauffage, ni filtre, ni bulleur, rien. Du sable au fond, même pas du sable spécial, ce sont quelques poignées récupérées dans le bac à sable de mon fils, donc probablement un peu calcaire.
De l'eau, bien sûr (c'est un peu le principe, hein !), et pis c'est tout.
Sur cette base simple, j'ajoute ensuite un peu de vie. Des ostracodes, évidemment, mais aussi des lombrics aquatiques et des aselles, plus une poignée de planorbes. Ça, c'est les troupes de nettoyage. Seule la population des planorbes est régulée par la capture régulière des plus gros individus.
Sur cette photo, on voit bien les vers aquatiques (blackworms) gigoter le long de la vitre.

Enfin, des mélanoïdes dont le boulot (sont pas nourris gratuitement) sera de remuer le sable et éviter ainsi les éventuelles poches de fermentation. Comme dans un point d'eau naturel, le mouvement de l'eau est apporté par le déplacement des bestioles et pas par un filtre bio-actif à sur-motorisation bilatérale par différentiel radio-pulsé. Une aselle qui pète, une baston d'ostracodes, et hop !... voilà l'eau qui bouge !
Vous comprenez sans doute pourquoi mon vendeur de l'animalerie s'est suicidé récemment... Paix à son tiroir-caisse !

Voilà pour les bestioles. Maintenant : un peu de plantes. Quelques brins de Ceratophyllum demersum, un peu de Pistias en surface, mais pas de lentilles d'eau, car je tiens à pouvoir faire pénétrer facilement la lumière en retirant simplement une poignée de Pistias quand il y en a trop.

Deux ou trois petits pots en terre cuite pour loger les timides et les bactéries, et le tour est joué.

Seule concession à la technologie : la lumière. Soigneusement choisie parmi les tubes néon premier-prix-pas-cher (5 euros rampe comprise), j'enveloppe juste le tout dans du film plastique transparent pour protéger de l'eau.

Et voili-voiçà !

C'est dans ce petit coin de paradis que j'ai introduit une joyeuse bande de Neocaridina heteropoda sp. blue (ou Blue Velvet, ou encore Blue Jelly, qui sont généralement les mêmes), genre 5 ou 6 individus, je sais plus exactement.


Je change environ 1/3 de l'eau tous les deux mois, pas davantage, l'ensemble tournant correctement en circuit quasi-fermé, à 17°C environ cet hiver.
J'ajoute de temps en temps de la spiruline, du phytoplancton, et toutes les nourritures naturelles habituelles (légumes divers).

Aujourd'hui, elles sont une quarantaine et j'ai compté hier 7 femelles adultes grainées et 3 en ovulation, bientôt grainées.


Je pense donc que, face à cette surpopulation, je vais donner des vacances d'été à quelques dizaines de ces crevettes, qui bénéficieront d'un poubellarium rien que pour elles.



Un poubellarium pour crevettes-Schtroumpf ! Gargamel va s'en noyer de rage !

samedi 2 février 2013

Crevettes Red cherry en poubellarium d'hiver !

Je suis du genre à perdre mes affaires ou à les oublier un peu partout.

Eh bien, figurez-vous que je suis aussi comme ça avec mes crevettes !

Au printemps dernier, j'ai mis dans un poubellarium au jardin toutes mes crevettes Red Cherry, histoire qu'elles profitent un peu des bienfaits de la nature, comme le vent dans les branches, le gazouillis des oiseaux, le bleu du ciel, le barbecue du voisin, etc. Bref, c'était de ma part un geste altruiste, écologique, humaniste et tout et tout.

Et voilà-t-y pas que, lorsque je rentre tous mes poissons à l'automne, bien soigneusement, voilà-t-y pas, hein, que j'oublie les crevettes ! Aussi étrange que cela puisse paraître, venant d'un personnage de ma qualité et de ma prestance intellectuelle, l'oubli, le trou, l'absence, en un mot : la boulette.

Car n'oublions pas que, et le marchand de l'animalerie vous le dira, la crevette Red cherry, de son vrai nom Neocaridina heteropoda, doit être maintenue au-dessus de 18°C, sinon-je-vous-garantis-rien-ma-bonne-dame, "et voici un chauffage tout neuf c'est 19,90 euros vous en serez content..."

Donc, et là, je laisse planer le suspense... Vous vous rappelez le temps qu'il a fait les deux dernières semaines en banlieue parisienne ? Du -10°C certaines nuits et des jours entiers sans dégeler ! Vous êtes témoins !

Je suis donc, ce matin et en sifflotant, allé faire une petite inspection des poubelles, non protégées qui plus est, où se trouvaient quelques-unes de ces candidates à la congélation façon Picard.
Voici le lieu du crime et les poubellariums d'hiver concernés :
Je ne vous le fais pas dire : ça fait froid dans le dos et dans le poubellarium !

Un petit coup d'épuisette, puisque la glace a maintenant fondu et n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Tadaaaaa !
C'est une femelle, ça se voit à ses cheveux longs et coiffés en couettes.

La même, de profil :
C'est bien une magnifique crevette Red cherry, bien colorée et en pleine forme, semblant avoir plutôt bien vécu l'hiver et le froid.
Faudra que je pense à en parler au type de l'animalerie...

Un dernier petit coup d'épuisette, rapide parce que l'eau fait mal aux mains tellement elle est froide, et j'en remonte carrément 4, deux mâles et deux femelles semble-t-il.
Je vous les ai numérotées, rapport à vos petits problèmes de vue que je peux comprendre à votre âge :
Comme j'ai un bon coeur, je les ai aussitôt remises à l'eau glacée, puisqu'elles ont l'air d'aimer ça.

Si je me souviens bien, je crois que j'en avais mis aussi quelques unes dans un autre poubellarium, au fond du jardin. Mais je sais plus exactement lequel.

Mais comme j'ai la flemme, et que je suis frileux, je vous propose d'attendre le printemps pour vérifier. Sait-on jamais, elles vont peut-être pondre aux beaux jours ?

Pour conclure, je pense qu'il ne sera plus possible à aucun d'entre nous désormais de regarder de la même façon une gambas surgelée. Nous aurons tous une petite pensée pour ces pionnières du fond du jardin, j'ai nommé mes crevettes en poubellarium d'hiver, mes Red cherries qui venaient du froid !

Brrrrr !






vendredi 1 février 2013

Heterandria formosa en aquarium naturel

Ne le dites pas à Mauricette, mais grâce à Nath-la-gentille, j'ai découvert de nouveaux plaisirs. Si !
Grâce lui soit rendue par le Grand Poubellarium Cosmique pour sa bonté...

Je sais pas si je peux en parler ici, parce que c'est un peu personnel.
Mais bon, c'est un blog sur l'aquariophilie naturelle, alors allons-y !

Lors de sa dernière visite, Nath m'a apporté, l'air de rien, mine de ne pas y toucher, un petit poisson extraordinaire.
Ce fameux ex-plus-petit-poisson-du-monde dont j'admirais avec envie les photos dans les bouquins d'aquariophilie des années 80, ce que ne nous rajeunit pas, j'en conviens.
A l'époque, j'étais jeune et beau, et l'aquariophilie était limitée à ce que pouvait vous fournir l'animalerie du coin...

Certains poissons, que l'on voyait en photo dans les livres, étaient désespérément introuvables dans le commerce. C'était par exemple le cas de l'Heterandria formosa. C'était à l'époque le plus petit poisson du monde (depuis, on en a trouvé quelques autres), avec ses 3 cm à tout péter... Et encore, c'était la taille de la femelle, le mâle étant vraiment sa moitié, puisqu'il tournait autour des 1,5 cm en rentrant le ventre et en bombant le torse.
On l'appelait le "poisson moustique", il venait de Floride essentiellement (le fameux Parc naturel des Everglades qu'on voit à la télé !), et restait un rêve lointain.
Pas spécialement fragile, sa taille ne permettait toutefois pas de le mélanger trop avec des espèces plus grandes, ce qui obligeait à le garder en bac spécifique. Par contre, faisant partie des vivipares comme le célèbre guppy (ovovivipare en réalité), il était facile à reproduire, pondant tout seul des bébés tout faits chaque mois sans se faire prier.

Bref, voici la bête :
On voit bien le mâle, tellement petit que son gonopode (le truc pour féconder et faire des bébés, euh... vous voyez, quoi) est presque plus grand que lui.
D'une beauté discrète, son principal point fort est évidemment sa taille, qui lui permet de cohabiter sans dommage avec des crevettes dans un nano-bac, par exemple. Même une petite Red-cherry nouvelle-née n'a rien à craindre de ce poisson miniature !

Voilà donc un poisson que ne fait aucun dégât, et dont la bouche minuscule ne lui permet de manger que des proies très petites ou de la poudre pour alevins.

Nath m'a donc apporté un trio (deux petits mâles et une belle femelle). Je les ai immédiatement placés dans ma fishroom, dans le respect des principes de l'aquariophilie naturelle, ce qui sans doute a évité de nombreux stress et a ainsi facilité leur acclimatation. J'ai en fait installé un petit bac en plastique transparent (5 litres) que j'ai fait flotter dans un bac plus grand légèrement chauffé (22°C), selon la technique bien connue sous le nom de "bain-marie" ! Comme ça, ils sont isolés, mais chauffés gratuitement. J'ai bourré ce petit bac de Ceratophyllum demersum et de lentilles d'eau, pour préserver leur intimité. Pour la nourriture : microvers, Grindals au maximum (un peu trop gros !), cyclops, et très très petites daphnies.

Depuis, je les ai mis sans chauffage (17°C), sans filtre évidemment, sans sol bien sûr et tout va bien.
Mais, pour accélérer la reproduction, je préfère les laisser à 22°C.
La femelle pond les petits un par un, au rythme de un ou deux par jour pendant une semaine, soit une dizaine d'alevins chaque mois. Et elle recommence le mois d'après. Pas de prédation par les adultes, les petits se débrouillent très bien. Je les nourris de microvers tous les jours, et ils trouvent le reste parmi les micro-bestioles présentes au milieu des plantes du petit bac. Quelques collemboles sont aussi un excellent repas : les plus gros sont mangés par les adultes et les très petits conviennent aux alevins. Miam !
Je pense en avoir maintenant une bonne trentaine, que j'ai transférés dans un gigantesque poubellarium intérieur de 200 litres, à température ambiante. Pas de filtre évidemment, rien du tout, que de l'eau et des poissons !

Le voilà, mon rêve : des poissons tout petits dans un volume le plus grand possible, histoire de faire oublier les limites et de se croire dans les Everglades... pour de vrai !

L'été prochain, ces petits poissons me semblent être des candidats idéaux pour un poubellarium enterré au jardin, à grignoter toute la journée des bestioles diverses et variées, comme en liberté.

Faudra juste faire gaffe aux larves de libellules, parce que là, elles pourraient se mettre à bouffer du poisson toute la semaine et pas seulement le vendredi !

jeudi 31 janvier 2013

La saison Poubellarium 2012 en quelques mots...

Je profite que Mauricette soit allée passer quelques jours chez son amant (le saint homme !) pour consacrer un peu de temps au blog.
Et surtout, faire enfin ce résumé de la saison 2012 au jardin pour les poissons et crevettes.

Vous vous rappelez sans doute que mes voisins, au vu de mon alignement redoutable de poubellariums enterrés, avaient hurlé au site de lancement de missiles, prenant mes poubelles pour des silos prêts à cracher le feu sur tout le quartier... Ça, plus le mirador de Mauricette à l'entrée, c'est vrai que ça faisait un peu Larzac en danger !

Eh bien, ces poubellariums enterrés sont devenus de magnifiques petits trous d'eau accueillants pour mes poissons, et toute sorte de bestioles bienvenues.

J'y ai introduit avec un grand succès des Aplocheilus lineatus, comme prévu. Ces imbéciles se sont reproduits à qui mieux-mieux, pondant dans les racines des Pistias stratiotes. Comme un imbécile, j'ai involontairement distribué ces Pistias dans tous mes poubellariums, sans savoir que je dispatchais ainsi, accrochés à leurs racines... des oeufs en train d'incuber ! Résultat : des bébés Panchax (autre nom de l'Aplocheilus lineatus) dans tous les bacs, et il m'a fallu un moment pour comprendre comment ils étaient arrivés là ! J'en ai rentré une bonne trentaine en tout.

Les Xiphos aussi ; ces fameuses femelles Xipho tuxedo de 2011 qui en étaient à leur deuxième été dehors... Elles n'ont encore fait que pondre et j'ai rentré environ 200 Xiphos de toute taille ! Ces six vétérantes, toujours vaillantes, hivernent actuellement dans mon sous-sol dans un bac en plastique non chauffé, affrontant sans dommage jusqu'à 14°C au plus froid du mois de janvier ! Inutile de vous dire que je commence à bien les aimer, en attendant de les sortir pour ce qui sera, en 2013, leur troisième saison.

Les autres poissons, hormis les endlers qui pondent sans demander la permission, ont réussi leur été, mais sans se reproduire. Les danios (albo, rerio et kyathit) ont tous été repêchés énormes et vifs, par des températures très basses, mais sans alevins. Les divers barbus également, sauf les tetrazona que j'ai retrouvés, un matin, gisant à même la terre, comme s'ils avaient sauté pour échapper à quelque chose. cela reste pour moi un mystère. Les Tanichthys linni sont devenus magnifiques, mais toujours pas de bébés. Pas davantage chez les platys. Je suppose que la prédation des parents a été trop forte.

En revanche, j'ai pu apprécier les avantages des poubellariums enterrés. Leur ouverture étant au ras du sol, une faune innombrable vient les peupler. Les insectes divers, les cloportes, les collemboles... Ces derniers, de nombreuses espèces différentes, occupent très vite la surface. J'en suis venu à penser que certains poissons en faisaient, dans la nature, la base de leur alimentation quotidienne, tant ils sont nombreux et omniprésents.

Les plantes terrestres, elles aussi, envahissent vite le contour de la poubelle, se penchant au-dessus de la surface ou trempant leurs feuilles dans l'eau. J'ai remarqué que c'est justement sous ces feuilles trempant dans l'eau que la micro-faune et le plancton sont le plus denses. Les daphnies, larves de moustiques et escargots grouillent spécialement à l'ombre de ces feuilles d'herbes diverses : pissenlit, plantain lancéolé, chiendent, etc.

La proximité des points d'eau rend d'ailleurs les plantes autour plus grosses et plus belles. L'humidité ambiante, peut-être.

Bref, l'expérience du poubellarium enterré, outre la modération des températures hautes ou basses, a été une source de découvertes que je n'imaginais pas. L'expérience est donc plus que positive, y compris pour les poissons, qui ont semblé adorer ça.

Les crevettes, elles, étaient en poubellarium hors-sol. Quelques Red Cherry ont tenté l'expérience, mais je ne les ai pas rentrées à l'automne, confiant dans les expériences de certains membres du PiNC (dont certains très laids) ayant décrit des résistances au froid insoupçonnées chez leurs crevettes (Neocaridina heteropoda).
Et, effectivement, malgré la prise en glace des dernières semaines, j'ai observé aujourd'hui plusieurs Red Cherry en poubelle de 80 litres non enterrées, bien vivantes et bien colorées.
Attendons le printemps pour en savoir plus !

Donc, une saison que j'avais voulue folle, avec des poubelles plein le jardin, des expériences démoniaques se prolongeant en hiver en poubellarium, et au final encore des choses apprises, d'autres désapprises ou démenties, plein de nouvelles questions à fouiller, et beaucoup de plaisir de gosse accroupi au-dessus de mes petites mares.

On en reparle bientôt avec des photos !

jeudi 24 janvier 2013

Iris des marais... et des poubellariums !


Parmi les plantes que je place dans mes poubellariums, il y a bien sûr le fameux iris des marais (Iris pseudacorus).

C'est une plante de nos mares, présente en France et donc parfaitement adaptée à notre climat.

J'ai trouvé mes premières pousses dans une mare familiale. Les racines sont puissantes et bien ancrées, et il faut se donner un peu de mal pour aller chercher un rhizome entier, capable de reprendre correctement.

J'ai ensuite commencé à cultiver les pousses récoltées dans un bac en plastique à moitié rempli de terreau et de compost, et plein d'eau à ras-bord.
Une saison et un hiver sont passés, et les pieds ont prospéré, se sont multipliés au point que j'ai pu, cette année, en placer des fragments dans presque tous mes poubellariums.

Même le poubellarium baptisé « Mauricette » y a eu droit. Et je vous promets que voir une Mauricette en fleurs, ça fait quelque chose quand on n'a pas connu la guerre.

Résultat : de magnifiques touffes bien vertes, qui ont fleuri dès le mois de mai de leur belle couleur jaune si typique des points d'eau sauvages. Et donc, maintenant, des poubellariums.

L'iris est une plante parfaite pour les poubellariums.
En effet, elle pousse aussi bien avec ou sans sol ; la plupart de mes pieds ont tout simplement été jetés dans les poubellariums sans plus de soins et se sont débrouillés ensuite. Tout juste peut-on conseiller de lester un peu, ou de coincer d'une façon ou d'une autre les très jeunes pousses, pour leur éviter de trop se coucher, le rhizome ayant tendance à flotter.

En plus, ses racines puissantes consomment de grandes quantités d'éléments dissous, la plante entière à nourrir (parties émergées comprises) étant de taille conséquente ! Ces racines forment d'ailleurs très vite un fouillis inextricable et assez rigide (comparé par exemple aux Pistia stratiotes) et protègent ainsi très efficacement les alevins qui viennent s'y cacher de l'appétit des adultes.

C'est donc une plante jolie, nettoyante et surtout résistante au gel. Les miennes passent l'hiver dehors, prises dans la glace, et n'en souffrent pas le moins du monde. Je les retire de l'eau juste le temps de repêcher mes poissons à l'automne, et hop ! Je les remets à l'eau aussitôt.

C'est d'ailleurs là que je vois leur dernière grande utilité à mes yeux : toujours vertes en hiver, elles restent en vie et continuent à renouveler des tissus dont certains pourrissent au fur et à mesure de la pousse. C'est donc au milieu des racines des iris que toutes mes aselles, si précieuses, passent l'hiver, certaines de trouver là de quoi manger en permanence.
Il suffit d'ailleurs d’égoutter une touffe d'iris au-dessus d'une bassine pour y voir tomber des dizaines d'aselles, dérangées dans leurs activités.

Bref, voici une plante sans problème, qui permet de donner un peu de volume esthétique à un poubellarium, les pieds dans l'eau et les feuilles dressées au soleil, et qui coûte juste un petit saut à la mare d'à-côté (en veillant bien à désinfecter sa récolte avant de l'utiliser en poubellarium...).

Manquerait plus que ça se fume, ces machins-là !

mercredi 23 janvier 2013

Danio albo : une perle dans un poubellarium !


J'avais sorti l'été dernier des Brachydanios albolineatus, vous vous souvenez ?

Et en fouillant dans mes photos, j'en retrouve certaines prises en fin d'été.

Ces poissons ont été tout ce qu'il y a de discret pendant tout l'été, absolument invisibles depuis la surface.

Pour deviner leur présence, il fallait lâcher un peu de nourriture, la regarder couler, la suivre bien des yeux. On la voyait s'enfoncer, franchir les inextricables buissons d'algues filamenteuses et là, à quelques centimètres du fond, on pouvait apercevoir des silhouettes fugaces qui faisaient disparaître la nourriture ! Quelques ombres extrêmement rapides, en forme de poisson fuselé : mes danios !

Il fallait plonger l'épuisette pour, avec un peu de chance, en ressortir deux ou trois.


On comprend en voyant les reflets de celui-ci pourquoi le nom commun anglais est le « Danio perle ». La photo ne lui rend d'ailleurs pas vraiment justice, tant il est difficile de restituer les reflets presque violets de ses écailles.


Les poissons, hébergés dans un poubellarium enterré de 80 litres (donc frais au fond en été), cohabitaient avec une abondante nourriture vivante, qu'ils n'avaient pas épuisée au moment de les récupérer en fin de saison. On imagine facilement que ça grouillait à souhait au fond du poubellarium !

Rentrés en automne, mes Danios albolineatus n'ont pas fait d'alevins, et je les ai récupérés au grand complet et magnifiques, mais sans bébés.

Ils passent actuellement l'hiver au sous-sol, dans des bacs non chauffés et non filtrés, dont la température varie de 14 à 17°C, avec leurs souvenirs des beaux jours, de soleil et de proies vivantes.

Pour conclure, je pense que l'on peut accorder au Brachydanio albolineatus le Label officiel de compatibilité avec la méthode du Poubellarium, sous les auspices du Grand Poubellarium Cosmique.

Voilà donc un poisson, peu courant dans le commerce, un peu méconnu, mais que j'aime de plus en plus pour sa silhouette, son comportement joueur et ses couleurs nacrées.

Vivement le printemps 2013 !

mardi 22 janvier 2013

Plancton au menu : phyto et zoo !


Puisque je suis en train de trier les photos de cet été, j'en ai trouvé une que j'ai prise un jour où je n'avais pas grand chose à faire.
Parce que, pour trier du plancton à la main comme je l'avais fait, faut vraiment avoir fait le tour de toutes les occupations : j'avais fini de ranger ma collection de timbres, j'avais épilé les jambes de Mauricette et revisionné tous les 13h00 de Pernaut en Replay... bref, un jour de juillet d'ennui profond !

J'ai donc décidé de faire le tour de mes poubellariums pour ramasser et trier du plancton pour nourrir mes poissons restés en aquarium et montrer à mes lecteurs du blog... sauf que j'ai jamais écrit l'article !

Voici donc un résumé de la gamme de plancton-de-chez-Mattier, à la base de l'alimentation de mes poissons, alevins et crevettes. Et je vous garantis qu'avec ça, le résultat n'a vraiment rien à voir avec les affreuses paillettes industrielles du commerce !

Le liquide vert tout d'abord est du phytoplancton (à droite sur la photo). Algues unicellulaires en suspension, il est à la base de toute la chaîne alimentaire aquatique et donc de la vie. C'est lui qui capitalise l'énergie lumineuse solaire sous forme de matière organique, la mettant ainsi à la disposition de tous les autres organismes.
Ce phytoplancton-là est d'une vert-bleu soutenu, trahissant la présence de cyano-bactéries (la spiruline est une cyano-bactérie).
Ce phytoplancton est l'idéal pour nourrir les crevettes, les daphnies et même les très petits alevins qui y trouvent des éléments rares ou complexes évitant les carences diverses.

Le pot rouge contient, lui, des daphnies. Elles sont de cette belle couleur grâce au phytoplancton, justement. Les daphnies d'hiver, ou nourries à la levure (berk !) sont brunes ou même carrément grises. Là, on a affaire à de la bestiole qualité premium, à du top niveau, à de la daphnie de compétition, prête pour les concours agricoles !
N'oublions pas que tout ce que contient chaque daphnie est appelé à nourrir les poissons, qui n'ont que ça comme contact avec la nature et l'extérieur. Ces daphnies gavées de phytoplancton sont donc, à mon avis, essentielles pour la santé de nos pensionnaires, qu'elles rendront plus résistants, plus vifs et plus prolifiques.

Mais il nous reste le pot noir, celui qui contient le côté obscur du poubellarium, j'ai nommé les larves de moustique.

Il y a là des espèces très diverses, mais pour l'essentiel des moustiques piqueurs. En juillet, au moment de la photo, leur cycle s'accomplit à toute vitesse, et ils sont prêts à éclore en quelques jours seulement ! Les poissons les adorent. Je les réserve à mes killies en priorité, qui apprécient cette proie de surface, de belle taille, très attirante par ses mouvements de fuite, et qu'il faut chercher au milieu des lentilles d'eau où elle se cache ! C'est la nourriture préférée des poissons chasseurs...


C'était là la récolte d'une matinée en juillet, dans mes poubellariums dont les poissons ne parvenaient apparemment pas à tout manger ! C'est cette période d'abondance qui déclenche chez les poissons l'envie de se reproduire, la nourriture étant disponible en quantité pour les alevins.

Et on comprend mieux pourquoi, depuis que l'aquariophilie existe, on sait que la nourriture vivante est une condition pour faire pondre la plupart des poissons de nos aquariums.

Miam !

dimanche 20 janvier 2013

L'horrible monstre du Poubellarium !


En poubellarium comme en bassin, tout le monde vous parlera, avec des tremblements dans la voix, du « monstre », cette affreuse bête qui décime les poissons et dévore les enfants innocents et sans défense. Brrr !

En vidant mes poubellariums cet automne, j'ai récupéré deux exemplaires de ce véritable fléau divin, venu sur terre pour manifester la colère du Grand Poubellarium Cosmique, notre Divin créateur.

J'ai nommé : deux magnifiques larves de libellules !

La première, que voici, est une larve de Zygoptère, groupe des libellules fines et jolies, ces petites allumettes colorées qu'on voit près des points d'eau, et parmi lesquelles on connaît notamment les « demoiselles » et les « agrions ».

Les adultes pondent dans des tissus végétaux morts flottant en surface le plus souvent, et les larves se développent tranquillement, se nourrissant de tout ce qui bouge y compris de leurs frères et sœurs, puisque ce sont des prédateurs aquatiques pendant toute leur vie larvaire.
Les trois petites « plumes » à l'extrêmité de son abdomen lui servent entre autres à respirer. Et on voit à côté d'elle sa mue abandonnée la nuit précédente, Madame ayant grandi chez moi !
Adulte, ça donne ça :

J'ai nommé celle-ci Nadine M., en hommage à sa finesse.

La seconde, à l'allure plus ramassée, est une larve d'Anisoptère, groupe des grosses libellules dont le design est tout droit sorti des bureaux du célèbre fabricant de camions Saviem. Les aeschnes sont parmi les plus connues.

Pas moins goulue que sa copine précédente, elle passe elle aussi son enfance aquatique à boulotter tout ce qui ressemble à une bestiole aquatique, de la simple daphnie jusqu'au précieux petit alevin.

En revanche, ne rêvons pas : les poissons adultes, voire même juvéniles, n'ont pas grand chose à craindre de la sympathique saloperie à la réputation si sulfureuse. Les vers de vase et les daphnies sont à la base de son menu, et elle a déjà suffisamment à faire avec eux pour ne pas se compliquer la vie avec des proies plus grosses et plus vives. Les alevins, oui, les poissons, non !

Cette seconde dame a été baptisée Mauricette, en hommage à... euh... ben, en hommage, quoi !
Une aeschne adulte :


Bien sûr, on peut facilement éviter d'héberger cette mauvaise invitée en grillageant grossièrement le dessus des poubellariums, pour que les adultes ne viennent pas y pondre.
Personnellement, je ne me donne pas cette peine, pensant que tout le monde doit vivre et que ce que prélève éventuellement une larve de libellule est vraiment négligeable dans un grand poubellarium.

J'ai pu constater, en captivité, sa voracité, qui se limite à une demi-douzaine de vers de vase par jour pour une larve de 2 cm. Une fois son festin avalé, les proies peuvent sans problème venir lui chatouiller le museau, sans aucun risque, puisqu'elle n'attaque jamais sans voir faim. Toute la différence avec le loup face aux troupeaux de moutons, qui peut parfois tuer davantage qu'il ne mange, excité par l'abondance des proies.

Bref : les larves de libellules sont des prédateurs, mais sans grand danger pour les poissons adultes. Elles ne sont un problème que si on veut obtenir des alevins, mais une vision « naturaliste » du poubellarium les tolère finalement, en se disant qu'elles ne sont pas si terribles que ça, et qu'elles sont bien moins redoutables qu'un héron qui viendrait pêcher dans nos poubelles ou nos bassins !

samedi 19 janvier 2013

Pas d'aquarium sans ostracode !


On me dit que certains continuent à mettre des filtres pour les aquariums !

Je sais que je suis un brin provocateur, mais on a déjà expliqué ici que c'était parfaitement inutile, puisque ça ne réduit pas d'un microgramme la quantité de nitrates... Et que le résultat de la filtration est également obtenu... sans filtration.

Il est vrai que le saut culturel n'est pas négligeable puisque, même les plus chevronnés parmi nous ont quelques suées avant de débrancher ce qu'on nous a toujours appris être vital pour nos aquariums. On a beau avoir compris que ça ne sert à rien, refait sur une feuille le cycle de l'azote vingt fois, recalculé la quantité d'azote et de nitrates en moles et en grammes, on flippe.
Un peu comme quand on vous dit de sauter dans un filet du haut d'un immeuble ; ça fout les chocottes !

En revanche, on me dit aussi qu'il y a encore, dans ce pays, des aquariums... sans ostracodes !
Oui, je sais, c'est assez incroyable, on se demande même ce que fait le gouvernement devant un tel scandale, mais c'est un fait : l'ostracode est encore absent de nos pratiques, alors même qu'il n'existe pas un centimètre carré de nature aquatique qui ne grouille pas de ces petites bestioles adorables.


Car, contrairement aux bactéries et algues diverses, si on n'introduit pas une souche d'ostracodes dans ses bacs, bassins et poubellariums, ils n'y viendront pas tout seuls.

L'ostracode est cette petite bestiole, apparentée aux crevettes et donc aux daphnies, dont la silhouette évoque irrésistiblement un haricot. Un haricot de 1 mm qui galoperait sur le fond et parfois sur les parois, ne servant apparemment à rien et pas très impressionnant sur le plan intellectuel. Bref, la bestiole con par excellence.

Et pourtant, l'ostracode est tellement universel dans la nature, à la base de toutes les chaînes biologiques, qu'il mérite un peu plus de considération.

Issus de la préhistoire de chez préhistoire, on en trouve des quantités incroyables dans les sédiments du monde entier, et les scientifiques s'en servent pour dater les roches dans lesquelles ils sont fossilisés. Ils existent par milliers d'espèces, nous ont précédés et survivront à tout le monde, y compris aux plus coriaces d'entre nous (je pense par exemple à Mauricette).

Contrairement aux daphnies, la plupart nagent pas ou peu. Ils grouillent au fond. Ce sont en réalité, comme les daphnies, de très petites crevettes habillées d'une carapace enveloppante en deux moitiés (bi-valves), dont leurs petites pattes dépassent à peine. Ils grandissent en muant, et leurs mues riches en calcium font le délice des crevettes, des escargots et autres bestioles aquatiques.

Mais surtout, les ostracodes sont les détritivores tout-terrain de base. Si l'on sait depuis longtemps que les « poissons-nettoyeurs » n'existent pas, on découvre avec l'ostracode un nettoyeur-fossoyeur infatigable, une sorte de fourmi aquatique, présente sur tous les coups et éliminant le moindre déchet en un minimum de temps. Tout tissu mort croule sous leur nombre et est nettoyé en un temps record.
Comme les escargots et les daphnies, les ostracodes ont aussi tendance à faire baisser la dureté de l'eau sur le long terme, en captant le calcium.

Enfin, les ostracodes, comestibles pour les poissons mais pas très appétissant car un peu coriaces, représentent une nourriture vivante de réserve comme aucune autre espèce. Là où une distribution de daphnies est éradiquée par les poissons en quelques heures, les ostracodes sont généralement boudés. Ils parviennent ainsi jusqu'au sol et s'y installent. Ce n'est que lors des petits creux, par exemple quand vous partez en vacances, que les poissons se résoudront à les grignoter. Finis les affreux « blocs vacances » plâtreux du commerce, et bonjour la nourriture vivante permanente !

Et voici comment on transforme des déchets polluants dans un aquarium en bestioles comestibles, vivantes, disponibles en permanence et quasi-invisibles !

… un peu comme dans la nature !


vendredi 18 janvier 2013

Mattier est de retour (ça rigole plus !)

On porte à ma connaissance une vague de suicides parmi les habitués de ce blog.
Le désespoir de ne plus lire les billets d'un des plus grands gourous de ce temps semble à l'origine de ces gestes que je déplore profondément, croyez-le.

En revanche, Mauricette, elle, va très bien.
Je le déplore évidemment aussi.

Je vous présente donc mes excuses pour cette longue hibernation qui vous a privés de la fin de cette saison 2012 au jardin et de la réintégration automnale de mes petits protégés.

Mais, à défaut d'écrire, j'ai fait des photos cet été et je devrais pouvoir les trier un peu pour les mettre en ligne.

Pour me faire pardonner, je vous donne ce lien, dans lequel vous verrez une daphnie suivre littéralement des yeux des éléments du phytoplancton, des algues planctoniques se diviser (c'est vraiment magnifique) et des rotifères bouffer (y'a pas d'autre mot !).

Vidéos de daphnie, phytoplancton et rotifère

Bref, vous pourrez ainsi vous immerger dans la vie aquatique naturelle telle que la voient les tout petits poissons de nos aquariums dès lors qu'on leur fait le cadeau de les sortir en été dans des trous d'eau peuplés de bestioles.

Allez leur donner des paillettes industrielles tous les jours, après ça !

Bref, mes voeux 2013 vous sont adressés par ces images de nature, et je m'engage, sur la tête de Mauricette, à faire revivre ce blog pour que nos poissons profitent à fond du retour à la nature que nous leur devons, au moins pendant les beaux jours...

A bientôt donc.