jeudi 28 juin 2012

La géante du zooplancton

Si vous voulez briller dans les salons, vous la péter grave au bistrot ou en mettre plein la vue à la standardiste suédoise au bureau, il est essentiel de connaître la différence entre phytoplancton et zooplancton.
Le phytoplancton est constitué de micro-plantes comme des algues unicellulaires par exemple, et le phytoplancton regroupe toutes les bestioles aquatiques plus petites qu'une mouche... ou que la vertu d'un député (aucun rapport mais ça fait plaisir).
Donc, le phytoplancton, c'est petit et végétal, et le zooplancton c'est petit aussi mais animal.

On suit toujours, dans le fond ?

Et, parmi les moult espèces formant le zooplancton, il y en a une qui fait figure de star, c'est un peu la race des seigneurs chez les bestioles grouillantes, j'ai nommé la daphnie magna.

Élégante, racée, la ligne pure et sportive, la reine des daphnies est aussi la plus grande. A tel point que les jeunes poissons ne parviennent pas toujours à avaler les adultes, devant alors se contenter des nauplies.
Sa nage est lente et on peut distinguer, même sans l'aide d'une loupe, tous ses organes et les parties de son corps translucide.
Généralement, on aperçoit même des oeufs qui attendent dans son abdomen d'être pondus.

On voit d'ailleurs bien ces oeufs dans le corps de la daphnie du centre, sur la photo prise par les doigts graisseux et boudinés de votre serviteur en avril.
On remarque aussi très nettement, sur les grands individus dans la partie basse, le tube digestif rigolo, qui nous rappelle à quel point nous ne sommes finalement que des tubes avec un peu de peau autour, mais je m'égare...
Ce qui est certain, c'est que ce sont ces petits tubes qui filtrent l'eau verte de nos poubellariums, de nos aquariums naturels ou de nos bassins de jardin.

Bref, voilà une daphnie réputée frileuse (et donc difficile à trouver en hiver), excellente nourriture vivante pour nos poissons de toute taille, et même très utile dans les bacs à alevins, les jeunes poissons se nourrissant des jeunes daphnies et épargnant les adultes, qui continuent donc à pondre au fil du temps.

C'est donc en quelque sorte la Mauricette des daphnies, le David Douillet du zooplancton, le lévrier afghan de nos poubellariums !



mardi 26 juin 2012

Aplocheilus lineatus au naturel !

C'est un killi, poisson de surface occupé dans la nature à guetter les petites proies tombant à l'eau, surtout les petits insectes imprudents qui n'écoutent pas leurs parents qui leur disent de ne pas se baigner et voilà c'est trop tard.

Avec ses allures de brochet miniature, j'aime beaucoup ce poisson, dont le nom commun est le Panchax.

C'est la variété jaune que je possède et que j'ai placée en poubellarium fin mai.

C'est un trio, un mâle et deux femelles, qui ont donc retrouvé les joies de la nature et des variations de température de notre climat (mois de juin pourri !).

Régulièrement, j'en aperçois un, immobile sous la surface, aux aguets, chassant à l'affût.

Leur poubellarium est enterré, 80 litres syndicaux, et j'y ai mis de nombreuses plantes, surtout flottantes, avec une préférence pour la Pistia stratiotes dont les racines plongeantes sont le support absolument idéal pour la ponte de cette espèce.

J'espère que quelques oeufs seront épargnés par les parents affamés, et que je verrai avant l'hiver quelques bébés !

L'espèce est originaire du sud de l'Inde et du Sri Lanka, où les variations de température sont plutôt faibles. D'où l'intérêt d'enterrer le poubellarium.

Tout cela a l'air de leur plaire, puisque je les revois régulièrement, vifs comme ne le sont plus leurs congénères restés à l'intérieur, leur comportement sauvage ayant refait son apparition en seulement quelques jours.

D'ailleurs, c'est ça qui me plaît avant tout dans les poubellariums...

lundi 25 juin 2012

Des conchonius en liberté...

A première vue, ce sont des poissons rouges. Même couleur, vermillon, et surtout même cadre : une poubelle dans un jardin.

Eh bien non ! Ils sont 5, nagent avec une vivacité plus grande, se livrent à des courses-poursuites incessantes, et surtout ils ne grossiront plus !

Une poubelle de 80 litres leur sert de bassin, alors qu'elle suffirait à peine au bonheur d'un seul petit poisson rouge, qui s'y ennuierait tout seul.


Cette joyeuse bande de poissons, ce sont des Barbus conchonius, poissons injustement délaissés par les aquariophiles, alors même qu'ils remplaceraient avantageusement les poissons rouges tellement inadaptés à la vie en aquarium.


Ils sont presque aussi tolérant côté températures, sauf qu'ils ne passent pas l'hiver dehors (et encore...). En, tout cas, la température d'un appartement leur convient parfaitement, sans le moindre chauffage. Ils sont rigolos, nagent à toute vitesse, jouent, et leur taille permet de les garder en groupe dans un volume raisonnable, là où les poissons rouges, devenant trop gros, ont vite besoin de volumes énormes sauf à vivre rapidement  comme de malheureuses bêtes torturées.


Enfin, si l'aquarium réserve des cachettes, un peu de mousse ou des coins impénétrables, il se reproduit volontiers sans qu'on s'en préoccupe. On verra alors de temps en temps apparaître un jeune sorti d'on ne sait où, et qui rejoint la bande des adultes !


Personnellement, je n'ai aucun problème à leur faire affronter des températures automnales très fraîches, dans les 5°C par exemple


Peut-être un poisson de bassin idéal ?

dimanche 24 juin 2012

Poubellarium enterré, limace attirée !

Les poubellariums enterrés commencent à se fondre dans la végétation.

Et ces petits points d'eau se mettent à attirer les assoiffés.
Au premier rang desquels, les limaces !
Celle-ci s'appelle Caroline, elle est belle comme tout. Mais les limaces ont une fâcheuse tendance, en allant se réhydrater, à se noyer dans les poubellariums. Et un cadavre de limace qui pourrit, ça sent très mauvais et ça pollue pas mal.

Donc, il faut les repêcher quand on les voit.

Inutile d'essayer de les dissuader, la vie entière des limaces (et d'ailleurs également des escargots) tourne autour de l'économie de l'eau, leur corps étant incapable de se protéger contre la déshydratation. D'où leur goût pour les cachettes fraîches et ombragées, pour les jours de pluie ou la fraîcheur de la nuit. C'est pour elles une véritable obsession.

Faut bien que tout le monde vive, non ?

Là, ce sont des Puntius titteya qui font la connaissance de cette représentante de la faune locale. C'est bien, ça les dépayse !

vendredi 22 juin 2012

Poubellarium 2012 : autres espèces en préparation !

Je dois vous l'avouer, toute honte bue : j'ai rechuté.

C'est comme ça. On fait ce qu'on peut, on se dit "plus jamais je ne retomberai", et hop ! il suffit d'une journée de promotion chez le poissonnier et on replonge.

Je vais donc devoir trouver de nouveaux poubellariums pour pouvoir héberger toute la smala acquise ce matin...

Je vous donne la liste, ce sera fait :

- Barbus tetrazona vert (les standard sont une telle réussite que j'ai été tenté !)

- Barbus conchonius vert (j'avais que des roses, aussi !)

- deux femelles Girardinus metallicus (maintenant, faut qu'elles pondent !). Voici à quoi ressemblent les deux sexes :

- Brachydanio choprae (pour faire grossir mon groupe actuel)

- Microrasbora galaxy (ancien nom !)

- Pseudoepiplatys annulatus (et pourquoi pas cet adorable petit killi en poubellarium ?)


- Corydoras sp. "orange Vénézuela" (en réalité probablement une sélection de l'aeneus)

- Boraras maculatus (vu la taille, très cher au kilo !)

- Boraras brigittae (pas mieux, tout petit aussi !)


Je crois que c'est tout...

Ce qui me fait craquer, ce sont les Boraras, qui vont être complètement perdus dans une poubelle de 80 ou 300 litres !

La vendeuse m'a demandé pourquoi je voulais des sacs séparés. Je lui ai répondu que je les maintenais en bacs spécifiques.
Elle a fait des yeux tout ronds :
- Mais... vous avez combien d'aquariums ?

mardi 12 juin 2012

Il est venu, le temps des cerises... et du forum !

Hosanna !
Loué soit le Grand Poubellarium Cosmique et son Vénérable Gourou (votre serviteur) !

Notre forum fondateur, ce Woodstock permanent du poubellarium, vient de rouvrir, après plus d'un an de clandestinité forcée.



Nous allons enfin pouvoir, à nouveau, discuter de tout et de rien, dire 99% de bêtises (c'est un quota), nous moquer des types qui arrivent avec les paramètres de leur eau en bandoulière, bref, retrouver nos origines !

Car le mouvement Poubellarium, surnommé PiNC (Poubellarium interNational Connection) est né sous les quolibets, voire les menaces de dénonciation à la SPA (je déconne pas, y'a eu ça !).

Les tenants de l'aquariophilie technophile, largement dominante à l'époque, voyaient dans notre démarche une sorte de destitution, de danger de perdre leur statut de celui-qui-sait-et-qui-explique. Et à l'époque, l'aquariophilie, c'était tellement compliqué qu'on ne pouvait pas se passer d'eux !
Et combien de watts d'éclairage, avec quels tubes, et combien de débit pour mon turbo-filtre-catalisator, et j'ai une feuille de plante qui fait comme des poils au-secours-j'ai-des-algues, etc.
La réponse était invariablement : "impossible de te répondre sans connaître tes paramètres ! Mesure ton pH, ton TH, ton TAC, tes nitrates, nitrites, taux de fer, combien de litres, combien de watts, de degrés et l'âge du capitaine."

Celui qui se frottait les mains, c'était le vendeur, qui fourguait ses tests, plus toutes les poudres de perlimpinpin  pour créer les nouveaux problèmes qui feraient acheter la poudre suivante.
Et on achetait des conditionneurs d'eau, des bactéries moribondes vendues dans un frigo... "Sinon, je ne vous garantis rien, monsieur !"

Inévitablement, les gens revendaient leur aquarium au bout d'un an, dégoûtés par la technologie et la complexité, eux qui voulaient juste un petit coin de nature à la maison.

Et, un jour, quelques imbéciles se sont rendus compte que, si on ne faisait pas tout ça, ça marchait quand même !
Ils ont mis quelques guppies dans une poubelle d'eau au jardin, apitoyés par les pauvres bêtes qui tournaient dans leur aquarium de 54 litres. Puis ils les ont oubliés tout l'été, pour les repêcher en octobre, par 10°C, pimpants et plus gros et colorés que jamais.

Bien sûr, ils ont été traités de fous, puisque tout cela était impossible, techniquement impossible !

Puis des centaines de malades mentaux du même type nous ont rejoints, et les jardins des aquariophiles se sont remplis de poubelles étranges, de baignoires désaffectées, de frigos vides, de citernes, de récupérateurs d'eau, voire même de piscines détournées de leur usage. Et, dans ces récipients dans lesquels personne n'aurait l'idée d'aller mesurer les paramètres chimiques de l'eau, des poissons heureux de passer l'été dehors !

Le monde de l'aquariophilie ne sera plus jamais le même... Hier dominé par les chimistes en herbe, il est pris en main par des écologistes (dans le sens originel du mot), avec une approche systémique (globale) et non plus une vision analytique quasi-laborantine. Et les poissons ne s'en portent pas plus mal, bien au contraire.

Donc, si vous n'avez pas peur de vous lâcher, de lâcher la rampe, de ne plus rien savoir "sauf que ça marche", si vous aimez tester, découvrir et apprendre, vous vous plairez sur ce forum déjanté où rien n'est interdit, sauf de se prendre au sérieux !

vendredi 8 juin 2012

Petit récapitulatif des troupes en poubellarium !

Voilà maintenant plusieurs semaines que je vous laisse sans nouvelles.

Mais c'est parce que je remplissais mes poubellariums, figurez-vous !

C'est que ça rigole pas, chez Mattier !

Autant vous le dire tout de suite, la situation a nettement évolué depuis mes derniers billets.

Voici donc, en exclusivité mondiale, le plan des poubellariums avec leur population au 1er juin 2012 :
Comme vous pouvez le constater, il ne reste que 10 poubellariums sans poissons. Parmi eux, il y a mon poubellarium-mère, dans lequel plantes et bestioles planctonniques se reproduisent à qui-mieux-mieux.
Les autres servent de réserves de daphnies et de larves de moustique, la faim se faisant vite sentir en été dans les poubellariums (eh oui ! il faut nourrir...).

Parmi ces espèces, de nombreux cyprinidés. D'autres vivipares viendront, mais j'attends qu'ils pondent d'abord en intérieur pour préserver les souches.

Bref, ça en fait, de l'eau, tout ça !
Si le moustique-tigre fait son apparition en région parisienne, vous saurez de chez qui ça vient !