vendredi 5 août 2011

Eau calme, no stress !

Comment peut-on expliquer que les poissons élevés en aquariophilie naturelle soient aussi résistants à des paramètres qui, en aquariophilie traditionnelle, peuvent les tuer ?

Nous aurait-on menti ?

Ou l'aquarium naturel transformerait-il les poissons en super-poissons ?

En vérité, je vous le dis (j'aime bien parler comme ça!), c'est un peu des deux !

Il est vrai que le meilleur moyen de vendre le nouveau-produit-qui-fait-Papa-Maman, c'est de culpabiliser le client en lui affirmant que ne pas l'acheter, c'est tuer ses poissons ! Un vendeur d'animalerie m'a fait le coup récemment alors que je lui achetais le lapin nain de mon fils : avant même de nous donner le lapin, il nous avait déjà rempli le panier de toutes sortes de produits. Devant notre méfiance, il a même menacé : dans ce cas, je ne vous garantis pas le lapin !

- Ah bon ! Parce que, si je prends ça, vous le garantissez, le lapin ?
Silence...
On n'a pas pris le produit, et notre lapin nous fait quand même des crottes impeccables, qu'on pourrait jouer aux billes avec !
Alors, pas de doute. Il y a bien un peu de chantage à la culpabilité dans le discours aquariophile traditionnel :

- Attention, si tu ne reconnais pas mon statut d'expert, tu vas au-devant de graves ennuis. Si tu oses croire que les choses sont simples et que tu peux donc te passer de moi, les portes de l'enfer vont s'ouvrir !
C'est d'ailleurs très exactement le discours qui sévissait lors des débuts du mouvement poubellarium en 2004. On nous a même menacés de procès sur certains forums aquariophiles ! Rien de moins !

On le voit bien, le discours de la complexité est un peu excessif, à dessein, chacun y trouvant un peu son compte.

Mais il n'en reste pas moins que cela n'explique pas tout. Achetez un guppy demain en animalerie et placez-le progressivement dans une eau à 11°C, comme celle dans laquelle j'ai repêché autrefois la Pépette à l'automne, et votre guppy ne vous dira pas merci ! Il va mourir sans grand suspense, évidemment.
Pourquoi cette différence ?
Bien sûr, il y a la progressivité des changements de température naturels, mais pas toujours. Entre une journée chaude de juillet et la nuit fraîche qui suit due au ciel sans nuages, le changement est assez brutal et d'une forte ampleur.

Au bout de plusieurs années d'expériences de dizaines de membres du mouvement intersidéral du poubellarium, je pense pouvoir esquisser une réponse.

Il est établi, pour l'homme comme pour l'animal, le phénomène de l'effet cumulatif des stress. Tel stress qui est agréable (une caresse), perçu comme positif en temps normal, devient insupportable et source d'inconfort si d'autres stress sont déjà présents (venir me caresser quand je viens d'avoir la banque au téléphone).
On sait également que le stress de trop peut carrément être fatal. On peut mourir de stress, et les oiseaux comme les poissons y sont particulièrement prédisposés.

Dans un aquarium, les sources de stress, si on essaie de se mettre pour une fois à la place du poisson, sont nombreuses : bruit du filtre, parois transparentes, observation par les humains, surpopulation systématique, « odeur » insupportable (ça doit puer, un aqua, de dedans!), lumière artificielle, scintillante, allumée et éteinte brusquement, nourriture groupée en un seul ou deux énormes repas, ennui, etc. Tout concourt à affaiblir terriblement les poissons et oblige effectivement à les maintenir dans des conditions quasi-cliniques, tant ils sont devenus vulnérables.

Dans un poubellarium, c'est l'inverse : rythme jour-nuit naturel et progressif, pluie qui tombe, vent sur la surface, repas innombrables et répartis, densité de population plus faible, parois opaques, humains invisibles, silence, bestioles de toutes les marques et pas seulement de marque Tetra ou Sera, etc. Bref, le niveau de stress est faible, et on peut parier qu'une variation de température en devient agréable, voire « un truc marrant » pour les poissons.

On peut résumer ce phénomène des stress cumulatifs par l'image du vase pour qui chaque goutte est acceptable, sauf celle de trop. Mais c'est aussi la faute des précédentes, et pas seulement de la dernière !

La notion de stress, que nous mettons fortement en lumière avec nos poubellariums, mériterait, je crois, de plus amples recherches. L'aquariophilie a en effet sûrement beaucoup à y gagner et à y apprendre.

4 commentaires:

Avafe7 a dit…

c'est vrai que la lumière qui s'allume et s'éteint brusquement est mal fait, moi-même je sursaute quand ça s'éteint. Pourquoi n'ont ils pas fait un système avec un néon qui s'allume progressivement et pareil pour l'extinction ?

jasq a dit…

ok alors comment je fais pour mettre mon guppy dans ma poubelle à 17° puisqu'il est dans un aqua à26°qui pue bruyant trop peuplé et qui s'allume brusquement

jen a dit…

juste surprenant et qui fait reflechir

Anonyme a dit…

Bon,
très d'accord avec ce qui est dit.
Mais là, je ne vais pas parler de ça, mais du passages sur le lapin (désolée, je suis énervante)et voulais juste dire quu'n lapin ne s'achète surement pas en animalerie (maladie etc.) mais chez un éleveur, ou des personnes qui les revendes etc. Ce lapin "nain" ne l'est pas, je le sais même sans voir de photo, car il n'y en a pas en animalerie... Et les "extras nains mini" n'existe tout simplement pas. Et un lapin tout seul doit sortir au grand minimum 5 heures par jour, et avoir au moins 6 heures d'attention. Autrement dit : il est plus simple d'adopter un autre lapin pour ne pas qu'ils s'ennuie...
Pour plus d'infos :

http://blackwolfpublique.jtkc.org/f55-lapins

Merci, bonsoir.