jeudi 1 mai 2014

Collemboles à gogo !

Les pluies des derniers jours sont arrivées sur un sol qui n'avait pas vu une goutte d'eau depuis le début du mois.

D'où la surprise des occupants des couches superficielles, dont les galeries se sont retrouvées inondées comme chez moi quand Mauricette plonge son corps massif dans la baignoire pleine.

On est habitués à voir ces jours-là des vers de terre par dizaine qui semblent fuir la terre et se perdent sur le bitume, comme s'ils avaient perdu le sens de l'orientation.

Dans le bassin de Mauricette le résultat a été immédiat, et étonnant.
La surface de l'eau s'est couverte de ce qui ressemblait à une "poudre" brune, d'une couleur proche de la pouzzolane, mais extrêmement fine et flottant autour des plantes.


En y regardant de plus près, on a bien affaire à une bestiole très petite, et même carrément à un collembole, nommé si je ne me trompe pas Isotoma nivalis.
Ce collembole est connu pour envahir les trous d'eau lors de fortes pluies de printemps, alors que la surface de la terre devient inhabitable pour lui. En s'enfuyant, il se retrouve piégé en nombre sur la moindre flaque, où il flotte et forme ainsi des plaques brunes grouillantes.

Inutile de dire que ce genre de rassemblement est une aubaine pour les poissons, pile à l'époque du frai, là où les reproducteurs doivent se gaver en masse d'aliments de qualité et les alevins trouver leur fine nourriture en surface.
Encore un petit plaisir dont nos poissons d'aquarium sont privés, alors qu'ils en profitent largement dans leurs contrées d'origine, les collemboles étant répartis sur toute la surface du globe, les espèces différentes se comptant par milliers.

Pauvres poissons qui doivent se contenter de tristes et pauvres paillettes sèches...

Mais mes petits Microrasbora galaxy, eux, peuvent profiter de ce genre de festin sans modération !

mardi 29 avril 2014

Joli bassin ET Poubellarium : la technique du leurre !

Afin de détourner l'attention de Mauricette de ma nouvelle installation secrète (voir ici !), j'ai employé la technique bien connue du leurre.

C'est-à-dire que je lui ai construit un joli bassin aquatique pour "son corps de sirène", afin qu'elle puisse bronzer au bord de l'eau, parce qu'elle le vaut largement.

Voici donc le chantier en cours, destiné à l'éblouir et à l'empêcher d'aller voir au fond du jardin...


Ce que la bestiole ignore (ce n'est qu'une bête, hein), c'est que ce bassin est surmonté de 4 poubellariums, et qu'il est également un poubellarium géant en lui-même !

Je vous laisse admirer les chiffres :
1 poubellarium de 210 litres contre le mur, 3 poubellariums de 80 litres formant deux étages descendant vers un petit bassin tout joli de plus de 750 litres selon mes calculs.

Pour éviter les noyades de visiteurs nocturnes, les poubellariums de 80 et 210 litres contiennent des parpaings coupés et entassés. Les cavités des parpaings ont reçu un peu de terre de jardin et des plantes aquatiques y ont été plantées.
Le bassin, lui, héberge des massettes et iris d'eau, entre autres plantes de faible profondeur. Le point le plus profond fait 65 cm.
Quelques fragments de myriophylle flottent, en attendant de prendre racine quelque part s'ils le veulent.

Côté poissons, ce sont actuellement 14 Microrasbora galaxy (le nom a changé, mais j'avoue ne pas suivre l'actualité chaque semaine !) qui profitent du lieu. Depuis leur introduction, la température de l'eau a varié en surface de 14 à 20 °C suivant la météo. C'est largement suffisant pour eux pour l'instant, puisqu'ils ont passé l'hiver au froid.
On y trouve bien sûr aussi quelques milliards de daphnies, des gammares, des aselles, des planorbes... bref, tout le petit monde habituel.

Mais surtout, j'ai choisi pour le bassin de Mauricette une variété de crevettes dont la couleur révèle mes sentiments, parce que je suis un romantique, moi... Ce sont des Black Sakura, noires comme un enterrement première classe !



J'ai trouvé que le message était adéquat. Si elles se reproduisent, je le prendrai comme un signe favorable du Grand Poubellarium Cosmique, annonçant des lendemains meilleurs. Elles ont passé l'hiver dehors et semblent en pleine forme pour attaquer la saison.

Bref, tout ça prend vie depuis deux bonnes semaines. On y a même vu une invasion de collemboles Isotoma nivalis, probablement chassés de la terre environnante par la pluie des derniers jours.
Une première libellule est venue repérer les lieux : les galaxy n'ont qu'à bien se tenir, il risque d'y avoir des colocataires redoutables dans quelques mois !

Pour l'instant, les galaxy restent très discrets et immobiles, température oblige, mais je compte sur le printemps pour les faire pondre, qui sait ?

dimanche 27 avril 2014

La guerre du poubellarium : saison 2014 ouverte !

Le blog "L'Aquarium Naturel" sort aujourd'hui d'une longue interruption.
Je vous dois quelques explications pour ce silence qui, me dit-on, a poussé certains d'entre vous au bord du suicide. Je m'en excuse.

En réalité, tout est la faute de Mauricette.

Vous vous souvenez de mes poubellariums enterrés, en nombre somme toute modeste ?

Ce qui devait arriver arriva : Mauricette les a découverts, un jour où, la truffe au vent, il lui est venu l'idée de s'aventurer au fond du jardin.

Sa réaction a été immédiate :
- Ou tu les retires immédiatement, ou je te quitte !
J'étais donc en train de creuser pour en mettre une deuxième rangée, après avoir sorti sa valise, mais elle a alors ajouté :
- Et j'emmène le chien !

Là, forcément, c'était différent, et ce qui m'était apparu comme la chance de ma vie s'est mué d'un coup en douche froide. Le chien, il a beau être un peu plus poilu que Mauricette (sauf sur le ventre), je l'aime beaucoup.

J'ai donc dû, la mort dans l'âme, déterrer tous les poubellariums qui faisaient la fierté de mon jardin et les soirées emmoustiquées de mes voisins.

Mais l'appel de l'aquariophilie naturelle a été le plus fort, et j'ai décidé de venger la cause sacrée du Poubellarium.
Voici comment...

Nous disposons, au fond du jardin, d'un poulailler habité par deux connasses emplumées dont les crottes me servent à ensemencer mes bacs à daphnies.

Ce poulailler n'a l'air de rien, et semble tout à fait anodin. Mais il est au cœur de ma stratégie géniale.

Car c'est derrière ce poulailler, très habillement dissimulée, que se trouve ma revanche, ma botte secrète, l'arme absolue anti-Mauricette : une serre pratiquement invisible, admirablement cachée par plusieurs touffes d'iris d'eau... On la voit à peine.

J'ai bien sûr prévu de compléter cet incroyable camouflage par des filets et autres dispositifs militaires déjà commandés sur le Net.
L'avantage de la serre, c'est que mes petits poubellariums devraient gagner quelques degrés l'hiver et rester carrément hors-gel, si le Grand Poubellarium Cosmique exauce mes prières.

Bien sûr, l'intérieur est garni de quelques modestes récipients qui, bien que déterrés, retrouvent là une seconde vie.

C'est donc avec ce nouveau dispositif que cette campagne 2014 va commencer pour moi et mes petits pensionnaires.

Demain, si vous êtes sages, je vous montre comment j'ai pu détourner l'attention de Mauricette grâce à la technique très classique du "leurre", qui m'apporte une paix royale au jardin tout en procurant à la créature en question un bien-être de bon aloi.

Vive la campagne Poubellarium 2014, que je déclare officiellement ouverte !